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La présence d'agents de l'ICE, l'agence américaine de l'immigration, dans les stades de football aux États-Unis a déjà suscité des controverses cette année. À quelques semaines du Mondial 2026, des délégations africaines s'interrogent. Ce Mondial se tient dans un pays qui a refusé des visas à des officiels sénégalais.
Publié le 14 mai 2026 à 09:46 UTC+0

On peut gagner la Coupe du monde. On peut aussi se faire contrôler par des agents d'immigration en sortant des vestiaires. La FIFA n'avait peut-être pas prévu ce scénario.
Depuis le début de l'année 2026, plusieurs matchs de football professionnels aux États-Unis ont vu la présence d'agents de l'Immigration and Customs Enforcement (l'ICE) dans ou aux abords des stades. Ces présences ont déclenché des débats dans les ligues américaines et dans la presse sportive.
Des joueurs de MLS et des spectateurs ont exprimé leur malaise. La politique migratoire agressive de l'administration Trump s'est ainsi invitée dans des enceintes sportives qui étaient jusqu'ici considérées comme des espaces relativement protégés.
À quelques semaines du coup d'envoi du Mondial 2026, le 11 juin, des délégations africaines commencent à poser des questions que personne ne voulait formuler publiquement. Leurs joueurs sont en situation régulière, porteurs de passeports valides, de visas de travail ou de visas sportifs délivrés par les autorités américaines. Mais des membres de leur entourage (parents, amis, supporters) peuvent avoir des statuts plus compliqués. Des Sénégalais, des Nigérians, des Ivoiriens vivant sans papiers aux États-Unis qui voudraient assister au match de leur équipe nationale risquent quelque chose en entrant dans un stade où des agents de l'ICE sont susceptibles d'opérer.
Ce sujet s'ajoute à une série d'incidents qui dessinent une atmosphère. L'ambassade américaine à Dakar a refusé ses visas à trois officiels de la Fédération sénégalaise de football qui devaient accompagner les Lions au Mondial. Le Niger a interdit l'entrée de son territoire aux ressortissants américains en réponse aux restrictions de Washington. Le paradoxe d'un pays qui organise la Coupe du monde tout en compliquant l'accès à des délégations africaines est devenu visible.
La FIFA a négocié des garanties protocolaires avec les autorités américaines pour les participants accrédités. Mais ces garanties couvrent les équipes, les officiels et les journalistes. Elles ne couvrent pas les millions de supporters africains qui voudraient vivre ce Mondial dans les tribunes ou dans les rues des villes hôtes.
En 2050, si l'Afrique organise elle-même sa Coupe du monde, personne ne sera refusé à l'entrée d'un stade pour des raisons de statut migratoire. Mais en 2026, pour beaucoup d'Africains, ce Mondial historique restera aussi associé à la peur d'une arrestation dans les gradins.
Vous êtes africain aux États-Unis et vous voulez suivre le Mondial ? Racontez-nous votre situation. Ces témoignages comptent.
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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