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Le Nigeria a convoqué le Haut-Commissaire sud-africain ce lundi 4 mai après la mort de deux ressortissants nigérians dans les violences xénophobes. Le Ghana avait déjà pris la même mesure une semaine plus tôt.
Publié le 5 mai 2026 à 07:07 UTC+0

L’alerte a fini par remonter au sommet diplomatique. Abuja a convoqué le Haut-Commissaire sud-africain, Thamsanqa Mseleku, pour protester contre les violences visant des Nigérians en Afrique du Sud, après la mort de deux ressortissants nigérians, Ekpenyong Andrew et Amaramiro Emmanuel, dans des incidents distincts.
La ministre nigériane des Affaires étrangères, Bianca Odumegwu-Ojukwu, a fixé la rencontre au 4 mai 2026, un signal de fermeté qui traduit l’exaspération d’Abuja face à une crise devenue diplomatique.
Sur le terrain, les tensions ne sont pas nouvelles. Les violences anti-migrants ont gagné plusieurs zones, notamment le Cap-Est et le KwaZulu-Natal, avec des commerces attaqués et des vidéos d’intimidation relayées en ligne.
Des organisations et médias locaux rapportent aussi un climat nourri par des groupes comme Operation Dudula et March and March, qui font de la chasse aux étrangers un marqueur politique. Le silence du président Cyril Ramaphosa, critiqué dans la presse régionale, alimente l’idée d’une réponse trop lente face à une crise devenue récurrente.
Le Nigeria ne se contente pas de protester. Les autorités ont aussi proposé des vols de rapatriement gratuits pour les citoyens qui souhaitent quitter l’Afrique du Sud, une mesure relayée par plusieurs médias nigérians et sud-africains.
Cette décision a une portée symbolique forte : protéger les ressortissants, mais aussi montrer que la mobilité africaine ne peut pas reposer sur des discours d’intégration si les travailleurs restent exposés à la violence et à l’arbitraire.
Abuja n’est pas seule. Le Ghana a déjà convoqué lui aussi le représentant sud-africain quelques jours plus tôt, après des plaintes similaires concernant des intimidations et des harcèlements visant ses ressortissants. Le signal est net : la colère ne vient plus seulement des victimes, mais des États eux-mêmes.
Dans cette affaire, l’Afrique du Sud paie aussi le prix de ses contradictions : première puissance industrielle du continent, mais incapable de protéger durablement ceux qui font tourner une partie de son économie informelle et urbaine.
L’enjeu dépasse la querelle bilatérale. En Afrique 2050, aucun marché commun ne tiendra si les citoyens mobiles ne sont pas protégés, documentés, et défendus par des mécanismes régionaux crédibles. Sinon, la libre circulation restera un slogan fragile, contredit par les pogroms de quartier et les reculs diplomatiques.
Car au fond, la vraie question n’est pas seulement de savoir qui Abuja convoque aujourd’hui. C’est de savoir quel continent l’Afrique veut bâtir demain : un espace de circulation, ou un espace de méfiance ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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