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La veille du 1er congrès ordinaire du PPA-CI prévu les 14 et 15 mai au Palais de la culture de Treichville, la direction du parti a interdit l'accès à plus de 60 cadres, dont Ahoua Don Mello, Stéphane Kipré et Armand Ouégnin. Kipré a envoyé une lettre ouverte aux congressistes. Gbagbo devrait être reconduit.
Publié le 14 mai 2026 à 10:25 UTC+0

On convoque un congrès d'unité. On interdit à 60 personnes d'entrer. Il y a une contradiction dans les termes.
Le contexte qui a conduit à ces exclusions est à chercher dans les décisions prises avant le congrès. Lors des élections législatives de décembre 2025, la direction du PPA-CI avait arrêté la ligne du boycott. Don Mello, Kipré et plusieurs autres avaient choisi de passer outre et de présenter des candidatures.
Ce geste, jugé indiscipliné par les instances dirigeantes, a déclenché des procédures disciplinaires qui n'ont pas encore abouti à un verdict officiel. Le congrès se tient avant que ces procédures soient closes. En attendant, les intéressés n'entrent pas.
Stéphane Kipré a répondu par une lettre ouverte adressée aux congressistes et largement diffusée sur les réseaux sociaux. Il dit accepter avec « discipline et respect » la décision de le relever de ses fonctions, mais appelle à une « profonde réorganisation du parti » et à l'ouverture d'un dialogue politique pour obtenir la libération des militants détenus. Le ton est mesuré. Le fond est clair : le PPA-CI traverse une crise interne qu'un congrès d'apparat ne règle pas.
Pour Laurent Gbagbo, ce congrès était censé marquer un tournant. Après son retour en Côte d'Ivoire, après son acquittement par la CPI, après sa condamnation locale qui l'a rendu inéligible à la présidentielle de 2025, il devait se repositionner comme le chef d'un parti structuré et discipliné, capable de peser sur les prochaines échéances. Sa candidature à la présidence du parti, qui n'avait pas de concurrent déclaré, devait être une confirmation, pas un triomphe personnel.
Mais exclure Don Mello d'un congrès qu'il devait co-organiser, c'est montrer les fractures plutôt que les cacher. Et dans l'opposition ivoirienne, où le PDCI de Tidjane Thiam lutte avec ses propres fantômes judiciaires, où l'ADCI d'Assalé Tiémoko se débat avec les convocations du parquet, les divisions ne font pas le jeu de ceux qui rêvent d'une présidentielle compétitive.
Une opposition qui ne peut pas tenir son propre congrès sans en interdire l'entrée à ses propres cadres : voilà ce que la Côte d'Ivoire observe ce 14 mai 2026.
Vous suivez la vie du PPA-CI ? Pensez-vous que ces exclusions vont affaiblir ou renforcer le parti de Gbagbo sur le long terme ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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