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Lors du sommet NEISA 2026 à Kigali, le Rwanda et les États-Unis ont signé un protocole de coopération nucléaire civile visant le déploiement de petits réacteurs modulaires SMR-300. Derrière la signature technique, une bataille géopolitique pour le contrôle de l'énergie africaine.
Publié le 21 mai 2026 à 14:57 UTC+0

Le Rwanda vient de signer un protocole d'accord de coopération nucléaire civile avec les États-Unis, annoncé ce 21 mai 2026 à Kigali en marge du deuxième Sommet africain sur l'innovation en énergie nucléaire (NEISA 2026), tenu du 18 au 21 mai.
L'accord a été signé entre la secrétaire adjointe principale par intérim du Département d'État américain, Renee Sonderman, et le ministre d'État rwandais chargé des Affaires étrangères, Dr Usta Kayitesi.
Il couvre le développement de l'énergie nucléaire civile, le renforcement des capacités réglementaires, la formation, la recherche scientifique et le déploiement de petits réacteurs modulaires, notamment les SMR-300 développés par l'entreprise américaine Holtec International. Le Rwanda Atomic Energy Board a parallèlement signé un accord préliminaire avec Holtec pour le développement de ces réacteurs sur le territoire rwandais.
L'objectif rwandais est affiché sans ambiguïté : porter la part du nucléaire à 60 % de son mix énergétique d'ici 2050, avec un premier réacteur opérationnel visé pour le début des années 2030.
Derrière la signature technique, il y a une bataille géopolitique discrète mais réelle. Après le Kenya et le Ghana, les États-Unis choisissent le Rwanda comme troisième partenaire privilégié pour le nucléaire civil en Afrique. Une stratégie qui répond directement aux avancées de la Russie (via Rosatom) et de la Chine dans le secteur énergétique du continent. Le nucléaire est devenu un terrain de concurrence entre puissances mondiales, et l'Afrique est au centre de cet échiquier.
Pour le continent, la vraie question reste posée : le nucléaire peut-il réellement transformer l'équation énergétique africaine, ou s'agit-il d'une course aux symboles diplomatiques ? Le Rwanda, pays de 15 millions d'habitants avec une économie en pleine transformation, pourrait bien être le laboratoire qui donnera la réponse.
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