Fil info
InfoNouveau site, même voix.
InfoNouveau site, même voix.
- InfoNouveau site, même voix.
La 22e Semaine Nationale de la Culture de Bobo-Dioulasso se tient du 24 au 30 avril avec des délégations du Mali et du Niger sous les couleurs AES. Le paradoxe poignant d'une fête culturelle pendant que les soldats de ces mêmes pays se battent.
Publié le 30 avril 2026 à 07:23 UTC+0

Du 24 au 30 avril 2026, la 22e édition de la Semaine Nationale de la Culture se tient à Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso. Et cette édition a quelque chose d'historique : pour la première fois, des délégations du Mali et du Niger participent officiellement sous les couleurs de la Confédération AES.
La Semaine Nationale de la Culture est la plus grande manifestation culturelle du Burkina Faso. Elle rassemble chaque deux ans des artistes, conteurs, danseurs, musiciens, artisans du pays entier et des pays invités. En 2026, c'est l'AES qui est à l'honneur.
Au Village artisanal et dans les espaces culturels de Bobo-Dioulasso, les délégations maliennes, nigériennes et burkinabè se retrouvent pour célébrer une identité culturelle partagée : le Sahel. Les griots, les percussionnistes, les tisserands, les potières — ils parlent les mêmes langues ancestrales, portent les mêmes motifs, transmettent les mêmes récits.
Mais cette célébration se tient dans un contexte qui rend l'image particulièrement forte. Au même moment où Bobo-Dioulasso célèbre la fraternité sahélienne, les soldats maliens, burkinabè et nigériens combattent ensemble contre le terrorisme. Pendant que les danseurs entrent en scène, des familles de Kati et Bamako pleurent leurs morts du 25 avril.
C'est le paradoxe profond de l'AES : une alliance née sous la pression de la guerre, qui cherche dans la culture un fondement plus durable que les juntes militaires qui la dirigent. La culture comme ciment d'une intégration que les politiques n'ont pas encore réussi à construire.
Le thème de la SNC 2026 est significatif : «la transmission des valeurs sociales et le rôle pivotal de la jeunesse». Dans les trois pays de l'AES, la jeunesse est à la fois la première victime du terrorisme et le premier espoir de reconstruction.
La culture peut-elle unir des peuples que la politique divise ? En Afrique, la réponse a souvent été oui.
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…