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L'opposition somalienne a annoncé qu'elle ne reconnaîtra plus l'autorité du président Hassan Sheikh Mohamud après le 15 mai 2026, qu'elle considère comme la fin de son mandat de 4 ans. Dans 11 jours, la Somalie risque une crise institutionnelle majeure.
Publié le 4 mai 2026 à 10:12 UTC+0

À Mogadiscio, le compte à rebours est lancé. À mesure que l’échéance du 15 mai 2026 approche, la tension monte d’un cran entre le pouvoir en place et une opposition déterminée. Pour les figures de proue du camp anti-gouvernemental, cette date marque la fin constitutionnelle du mandat de quatre ans du président Hassan Sheikh Mohamud
Leur message est sans appel : passé le 15 mai, ils ne reconnaîtront plus l’autorité du chef de l’État, accusant ce dernier de s’accrocher illégalement au pouvoir.
Au cœur de cette crise se trouve la nouvelle Constitution, promulguée le 8 mars 2026. Si le gouvernement présente cette réforme comme une avancée démocratique majeure; instaurant pour la première fois le suffrage universel direct; elle contient une disposition très contestée : le passage du mandat présidentiel de quatre à cinq ans.
Le gouvernement soutient que cette modification s’applique immédiatement, prolongeant de fait le mandat actuel de Hassan Sheikh Mohamud. Une lecture que rejette catégoriquement l’opposition, pour qui la loi ne peut être rétroactive. Pour les opposants, cette prolongation est une manœuvre orchestrée pour sécuriser une année supplémentaire au pouvoir sans passer par les urnes.
Le scénario d'une double légitimité pointe à l'horizon. Certaines figures de l’opposition ont d’ores et déjà évoqué la possibilité de former une administration concurrente ou de mettre en place un processus électoral parallèle. Ce qui n'était qu'un débat juridique est en train de se transformer en une impasse politique totale, faisant peser une menace directe sur la stabilité d'un pays déjà fragile.
Au-delà du cas somalien, cet épisode illustre une dérive devenue classique sur le continent : l'utilisation de la réforme constitutionnelle comme outil de maintien au pouvoir. Modifier les règles du jeu en cours de partie est une pratique qui, systématiquement, fragilise les fondements mêmes de la démocratie et érode la confiance des citoyens envers leurs institutions.
Si la Somalie veut se projeter vers 2050, elle devra impérativement sortir de cette gestion de crise permanente où chaque cycle électoral devient une épreuve de force. Le suffrage universel est une conquête précieuse, mais il ne doit jamais devenir un alibi pour verrouiller le pouvoir.
Dix jours pour éviter la rupture. La Somalie est à la croisée des chemins : soit un accord politique urgent, soit le saut dans l'inconnu d'une double légitimité.
Source image de couverture : Courrier international
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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