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Le 11 mai 2026, Felix Tshisekedi et Yoweri Museveni ont présidé à la signature de six mémorandums d'entente à Kampala : rail, guichets frontaliers, commerce, énergie et sécurité. Le 12 mai, Tshisekedi assistait à l'investiture de Museveni pour son septième mandat. Le Rwanda se retrouve progressivement isolé dans la région.
Publié le 13 mai 2026 à 13:20 UTC+0

Dans la géopolitique des Grands Lacs africains, les alliances ne se proclament pas toujours dans des discours. Parfois, elles se construisent autour d'une table de négociation où se signent des contrats. Et cette semaine, cette table était à Kampala.
Le 11 mai 2026, Felix-Antoine Tshisekedi Tshilombo était reçu au State House de Kampala par le président ougandais Yoweri Museveni, à l'occasion de la 9e session de la Commission permanente mixte RDC-Ouganda. Il était accompagné de dix-sept ministres de son gouvernement, un signal de l'importance accordée par Kinshasa à cette rencontre. Au terme de trois jours de travaux techniques, les deux présidents ont assisté à la signature de six mémorandums d'entente couvrant des secteurs stratégiques.
Parmi les textes signés, celui portant sur la connectivité ferroviaire à écartement standard constitue peut-être l'accord le plus structurant à long terme. Un réseau ferroviaire reliant le nord-est de la RDC à Kampala transformerait profondément les flux commerciaux et logistiques de la région.
Des protocoles ont également prévu la mise en place de postes frontaliers à guichet unique entre Bunagana et Kasindi, deux points de passage stratégiques au cœur de la zone de conflit du Kivu, ainsi qu'entre Mpondwe, côté ougandais, et Kasindi, côté congolais. Sur le volet sécuritaire, les deux pays ont réaffirmé leur engagement dans l'opération Shujaa, qui mène depuis quatre ans des frappes conjointes contre les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), un groupe d'origine ougandaise responsable de massacres récurrents dans les territoires de Beni et Lubero.
Le lendemain, 12 mai, Tshisekedi était de retour à Kampala pour une raison symbolique forte : il assistait à la cérémonie d'investiture de Yoweri Museveni pour son septième mandat présidentiel, à l'esplanade de Kololo. Sa présence à ce moment précis dit quelque chose sur la profondeur du rapprochement bilatéral.
Ce que dessinent ces accords, selon les analystes de Mediacongo, c'est l'émergence progressive d'un axe stratégique Kinshasa-Kampala-Dar es-Salaam, qui repositionne la RDC comme acteur central de l'intégration régionale en Afrique orientale et centrale, et qui contourne progressivement le Rwanda. Kigali, longtemps perçu comme incontournable dans les équilibres sécuritaires des Grands Lacs, fait face à une pression internationale croissante autour des accusations de soutien au M23 et à un environnement diplomatique régional de plus en plus défavorable.
L'opposition congolaise n'est pas unanimement enthousiaste. Martin Fayulu a lancé cette semaine une accusation explosive selon laquelle Tshisekedi et Kagame seraient « en entente parfaite », ce qui fait de Museveni un partenaire au moment même où des accusations de connivence avec le voisin rwandais circulent. La politique des Grands Lacs n'est jamais simple.
Mais ce qu'ont signé les deux présidents à Kampala, si ces accords se concrétisent, transformera la vie de millions de Congolais et d'Ougandais qui vivent de part et d'autre de frontières longtemps plus diviseuses que relieuses.
Que pensez-vous de l'axe RDC-Ouganda ? Est-ce la bonne direction pour stabiliser les Grands Lacs ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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