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Tension en Afrique du Sud avant la deadline du 30 juin. Manifestations anti-migrants, police et armée déployées.
Publié le 26 juin 2026 à 12:00 UTC+0

Ce n'est pas le gouvernement qui l'a fixée. Mais c'est tout le pays qui retient son souffle.
Le 30 juin 2026, des mouvements anti-immigration comme March and March exigent que les étrangers en situation irrégulière quittent l'Afrique du Sud. L'ultimatum n'a aucune base légale, rappellent BBC, Al Jazeera et IOL. Le président Cyril Ramaphosa l'a dit clairement : ce n'est pas une date officielle. Pourtant, la peur est réelle.
Des marches ont eu lieu dans plusieurs provinces. À Durban, des manifestants scandaient « Mabahambe » (« Ils doivent partir ») en s'adressant à des passants qu'ils prenaient pour étrangers. Le leader Ndabandaba a déclaré à la BBC : « Le 30 juin, je ne peux pas contrôler le peuple sud-africain. » Des files de véhicules se forment à la frontière mozambicaine. Des Malawites sans papiers attendent des bus d'évacuation en chantant « Siyahamba » (« Nous partons »).
Face à la montée des tensions, le ministre de la Police par intérim Firoz Cachalia annonce un renforcement opérationnel dans toutes les provinces. L'armée sécurise des sites stratégiques comme les aéroports et peut appuyer la police. Message officiel : le droit de manifester pacifiquement est respecté, mais intimidation, violence et destruction seront sanctionnées.
March and March nie avoir appelé à un « shutdown » national. Mais la date du 30 juin reste sur toutes les affiches. Des pays comme le Malawi, le Ghana et le Nigeria accélèrent les rapatriements de leurs ressortissants. Des centres d'accueil sont saturés.
L'Afrique du Sud compte des millions de migrants, documents ou non. Le chômage dépasse 30 % dans certains calculs. L'immigration devient un enjeu électoral avant les municipales du 4 novembre. Fausses affiches générées par IA circulent sur les réseaux, alimentant la panique.
Pour un jeune zimbabwéen à Johannesburg ou un Nigérian à Hillbrow, chaque jour jusqu'au 30 juin est une loterie. Aller travailler. Éviter certains quartiers. Packer une valise au cas où.
Une Afrique unie en 2050 ne résoudra pas le chômage en chassant les voisins. L'Afrique du Sud risque de rouvrir des plaies de 2008 et 2015 si la violence dépasse le cadre policier.
Ramaphosa et Cachalia tiendront-ils une ligne ferme contre les milices anti-étrangers le 30 juin, ou des quartiers entiers basculeront-ils dans la xénophobie comme en 2008 ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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