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Le FMI et la Banque mondiale classent la CI à faible risque de surendettement. Seul pays d'Afrique subsaharienne dans cette catégorie.
Publié le 26 juin 2026 à 11:51 UTC+0

Pendant des années, la dette ivoirienne était classée « modérée ». Depuis le 24 juin, elle est devenue la plus « sûre » d'Afrique subsaharienne aux yeux du FMI et de la Banque mondiale.
Selon un communiqué du ministère de l'Économie, des Finances et du Budget publié le 24 juin et repris par Abidjan.net, Afrik Soir et Jeune Afrique, la Côte d'Ivoire a conclu avec succès la sixième et dernière revue de son programme économique et financier avec le Fonds monétaire international. L'analyse de viabilité de la dette (AVD) conjointe FMI-Banque mondiale reclasse désormais le pays dans la catégorie à faible risque de surendettement, pour la dette extérieure comme pour la dette publique totale.
C'est une première en Afrique subsaharienne. Aucun autre État de la région n'occupe actuellement ce niveau de notation dans l'AVD. Depuis le point d'achèvement de l'initiative PPTE en 2012, Abidjan était resté en risque modéré plus d'une décennie. Le passage à faible risque signifie que les seuils de viabilité ne sont plus dépassés et que les finances publiques résistent mieux aux chocs extérieurs.
Les chiffres parlent : à fin 2025, la dette de l'administration centrale atteint 33 159 milliards FCFA, soit 57,1 % du PIB, contre 59,5 % un an plus tôt selon Agence Ecofin. La dette extérieure représente 36,3 % du PIB, la dette intérieure 20,8 %. Le programme FMI conclu en mai 2023 arrive à échéance ce mois-ci avec tous les critères quantitatifs et réformes structurelles respectés, selon Jeune Afrique.
Pour un jeune entrepreneur d'Abidjan ou un étudiant en finance à Bouaké, cette reclassification n'est pas qu'un jargon de Washington. C'est un signal envoyé aux investisseurs, aux agences de notation et aux marchés obligataires. Une dette perçue comme plus sûre peut abaisser le coût d'emprunt de l'État et, indirectement, favoriser les projets d'infrastructure et d'emploi financés sur les marchés internationaux.
Le gouvernement met en avant la consolidation budgétaire, l'amélioration des recettes fiscales et une gestion proactive de la dette. Le ministère évoque aussi environ 3,5 milliards de dollars mobilisés sur 40 milliards pour soutenir la stabilité macroéconomique et le Plan national de développement.
Reste la question politique : Abidjan souhaite-t-il prolonger le parapluie du FMI au-delà de juin 2026 pour garder la crédibilité auprès des marchés, comme le suggère Jeune Afrique ? Ou le pays va-t-il voler de ses propres ailes avec ses eurobonds ?
Une Côte d'Ivoire crédible en 2050 ne se contente pas de bons ratios. Elle montre que la croissance profite aux jeunes qui cherchent du travail, pas seulement aux tableaux Excel de la Primature. Mais franchir ce cap symbolique, seul en Afrique subsaharienne, reste un argument massif sur la scène internationale.
Le gouvernement traduira-t-il ce statut « faible risque » en taux d'intérêt plus bas pour les PME et les projets jeunes, ou la bonne note restera-t-elle une vitrine réservée aux grandes levées de fonds souverains ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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