Pretoria, justice
Afrique du Sud : le procès de l'espion de Zuma rouvert au public et aux médias
La Haute Cour ordonne des audiences publiques dans le procès de deux anciens cadres du renseignement jugés pour 12 millions de rands détournés. Des restrictions demeurent.
Pretoria — Publié le 24 octobre 2026 à 06:32

Trois jours d'audience tenus sans public ni presse, puis un renversement. Jeudi 22 octobre, la Haute Cour de a ordonné que le procès de deux anciens cadres du renseignement sud-africain se tienne en audience publique, rapporte Daily Maverick.
Le juge Mashudu Munzhelele a décidé que public et médias accrédités pourront suivre les débats, sous restrictions. Les accusés, Thulani Dlomo et Patrick Mshothola, anciens de l'Agence de sécurité d'État (SSA), sont jugés pour fraude, faux et vol. Ils sont présumés innocents. Il leur est reproché d'avoir détourné environ , au milieu des années 2010, dans une opération secrète baptisée Project Mayibuye, présentée comme destinée à neutraliser des opposants à Jacob Zuma.
Une ordonnance du 14 octobre avait de fait écarté la presse. Mail & Guardian raconte qu'un journaliste de Media24 s'est vu refuser l'accès. Media24, Daily Maverick, amaBhungane et la Campaign for Free Expression, rejoints par le M&G, ont contesté la mesure.
Les garde-fous restent solides : témoins protégés anonymes, interdiction de publier des éléments identifiants, ni filmage ni direct. L'État, les accusés ou la SSA peuvent encore demander un huis clos partiel pour des informations secrètes. La SSA doit remettre immédiatement les pièces du dossier liées au contrat Korolo.
Nicole Fritz, de la Campaign for Free Expression, y voit un retour du principe de "justice ouverte". Le journaliste Adriaan Basson espère "une leçon pour la SSA et la NPA", dit-il. Aucune citation de la SSA n'a été publiée.
C'est la première poursuite de personnel de la SSA issue de la commission Zondo. Pour 2050, une démocratie africaine se mesure à ce qu'elle accepte de montrer d'elle-même, y compris sur ses services secrets. Un procès qu'on ne peut pas voir est-il encore un procès ?
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