Terminaux de paiement, montages numériques sophistiqués : au Bénin, les flux financiers illicites changent de visage. Un rapport recense 529 opérations suspectes en 2025, révélateur d'une criminalité qui s'adapte plus vite que la régulation.

529. C'est le nombre d'opérations financières suspectes enregistrées en 2025 au Bénin, un chiffre qui, à lui seul, raconte une bascule silencieuse. 24 Heures au Bénin rapporte que la criminalité financière emprunte désormais des canaux numériques, des terminaux de paiement électronique et des montages de plus en plus sophistiqués pour brouiller les pistes.
La Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), organe chargé de la lutte contre le blanchiment au Bénin, est en première ligne face à cette mutation. La Nation.bj, quotidien national béninois, souligne que la digitalisation rapide des paiements dans le pays, portée notamment par l'essor du mobile money, ouvre de nouvelles failles que les régulateurs peinent parfois à colmater aussi vite qu'elles apparaissent.
Ce chiffre de 529 n'est pas qu'une statistique de rapport annuel. Il dit quelque chose de plus large sur l'Afrique de l'Ouest francophone : à mesure que les paiements numériques se démocratisent, portés par des fintechs ambitieuses et une inclusion financière en plein essor, la criminalité économique s'adapte à la même vitesse, parfois plus vite que les institutions censées la surveiller.
Le Bénin, comme beaucoup de ses voisins de l'UEMOA, joue ici une partie serrée : encourager l'innovation financière sans ouvrir la porte à une criminalité qui pourrait, à terme, fragiliser la confiance dans les nouveaux outils de paiement.
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