Une opération militaire a fait deux morts côté séparatistes dans la région anglophone du Nord-Ouest. Un épisode de plus dans un conflit qui dure depuis près d'une décennie, loin des radars internationaux.

Deux combattants séparatistes tués, une opération militaire de plus, et un conflit qui continue de couver dans l'ombre. Le Journal du Cameroun rapporte que l'armée camerounaise a mené une nouvelle opération dans la région anglophone du Nord-Ouest, sans que les détails complets ne soient rendus publics par les autorités militaires.
La crise anglophone, née en 2016 de revendications sur l'autonomie linguistique et administrative des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, a fait des milliers de morts et déplacé des centaines de milliers de personnes selon les organisations humanitaires présentes sur place. Actu Cameroun rappelle régulièrement que cette guerre de basse intensité continue de vider des villages entiers, pendant que l'attention internationale se concentre ailleurs sur le continent. Les agences internationales, dont l'AFP, documentent occasionnellement ces affrontements, mais le suivi reste largement dépendant de la presse locale camerounaise.
Ce conflit interroge une question centrale pour l'Afrique de demain : combien de pays peuvent se permettre une fracture linguistique et territoriale non résolue, sans que cela finisse par fragiliser tout l'édifice national ? Le Cameroun, pilier économique de l'Afrique centrale, porte cette contradiction depuis près de dix ans, entre discours d'unité nationale et réalité d'un conflit armé toujours actif sur son propre sol.
Pendant que Yaoundé investit dans des infrastructures et des partenariats économiques ambitieux, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest attendent toujours une solution politique qui ne se limite pas aux opérations militaires.
Le Cameroun peut-il réellement se projeter vers 2050 sans résoudre, une bonne fois, la question anglophone qui saigne le pays depuis une décennie ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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