Un nouveau prêt de la Banque africaine de développement doit financer la deuxième phase d'un programme d'inclusion économique au Kenya. Un pari sur les populations que la finance classique laisse trop souvent de côté.

293,88 millions d'euros. C'est le montant du prêt que la Banque africaine de développement vient d'approuver pour le Kenya, destiné à soutenir la deuxième phase de son programme national d'inclusion financière, rapporte The East African.
Le détail compte : ce financement ne s'adresse pas aux grandes entreprises kényanes déjà cotées à Nairobi, mais aux populations rurales et aux petits entrepreneurs informels, ceux que les banques classiques jugent trop risqués ou trop coûteux à servir. Un communiqué de la BAD, cité par plusieurs médias régionaux dont Nation Kenya, précise que ce programme vise à élargir l'accès au crédit et aux services financiers de base pour des millions de Kényans encore hors du système bancaire formel.
Le Kenya, souvent présenté comme la vitrine fintech du continent grâce à M-Pesa, illustre ici un paradoxe bien réel : l'innovation technologique en matière de paiement mobile n'a pas suffi, à elle seule, à résoudre l'exclusion financière des populations les plus pauvres. Il faut, en plus des outils, des financements publics et multilatéraux capables de porter des programmes d'inclusion sur la durée.
Ce prêt s'inscrit dans une dynamique plus large de financement du développement porté par les institutions africaines elles-mêmes, plutôt que par une aide occidentale conditionnée. C'est une manière, discrète mais réelle, pour le continent de reprendre la main sur ses propres priorités économiques.
Le crédit peut-il vraiment changer la vie d'un petit commerçant rural kényan si l'infrastructure bancaire de base, elle, reste absente de sa région ?
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