Fil info
InfoNouveau site, même voix.
InfoNouveau site, même voix.
- InfoNouveau site, même voix.
Une troupe de cirque basée à Ouagadougou travaille depuis plusieurs années avec des enfants exposés aux attaques jihadistes. Arts du spectacle comme outil de résilience psychologique. Dans un Burkina Faso que l'on ne voit jamais autrement que comme zone rouge, des hommes et des femmes construisent encore.
Publié le 8 mai 2026 à 10:11 UTC+0

Dans un pays où les armes n'ont pas réussi à restaurer la paix, quelqu'un a eu l'idée d'essayer avec des acrobaties, des clowns et des trapèzes. Et ça marche.
Les arts du cirque, comme beaucoup d'approches artistiques utilisées en contexte de crise humanitaire, ne guérissent pas les traumatismes comme un médicament guérit une infection. Mais ils offrent quelque chose d'irremplaçable : un espace où le corps peut exprimer ce que la bouche ne peut pas dire, où l'effort collectif crée du lien là où la peur a créé de l'isolement, où réussir un numéro, aussi modeste soit-il, restaure un sentiment de compétence et de dignité que la violence avait tenté d'effacer.
Ce qui rend cette initiative particulièrement saisissante, c'est son contexte. Le Burkina Faso est l'un des pays du Sahel les plus durement frappés par l'insurrection jihadiste. Des milliers de personnes sont déplacées. Des écoles sont fermées dans les zones de conflit. Et pourtant, à Ouagadougou, dans ce contexte de guerre permanente, des artistes ont choisi de ne pas fuir et de ne pas se taire. Ils ont choisi de travailler avec les enfants les plus fragiles de leur pays pour leur redonner l'envie de vivre.
Cette troupe fait ce que les casques bleus ne peuvent pas faire, ce que les programmes gouvernementaux n'ont pas encore su faire : elle entre dans l'intérieur des êtres humains pour y reconstruire quelque chose. Pas avec des armes ni avec des discours, mais avec le corps, le rire et l'espace partagé du spectacle.
En 2050, si le Burkina Faso a surmonté cette période terrible, ce sera grâce à ces soldats-là aussi. Ces artistes qui ont refusé de laisser la violence avoir le dernier mot.
Avez-vous connaissance d'autres initiatives similaires en Afrique ? Partagez-les avec nous. Ces histoires méritent d'être connues.
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…