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Un rapport du 7 mai 2026 révèle que la Somalie est confrontée à une combinaison létale de sécheresse persistante et de réductions massives de l'aide internationale depuis février 2026. Six millions de personnes sont en situation d'urgence alimentaire. L'USAID a coupé ses financements sous l'administration Trump.
Publié le 8 mai 2026 à 09:58 UTC+0

Quand Donald Trump signe un décret à Washington, ce sont des enfants somaliens qui meurent. La politique américaine a une géographie africaine, et elle s'appelle la faim.
Le 7 mai 2026, les agences humanitaires et Africanews publient un rapport alarmant sur la situation en Somalie. Le pays de la Corne de l'Afrique, déjà l'un des plus fragiles du monde, fait face depuis le début de l'année à une combinaison d'une rare brutalité : une sécheresse persistante qui détruit les récoltes et assèche les pâturages, et une réduction massive de l'aide humanitaire internationale consécutive aux décrets de l'administration Trump qui ont coupé les financements de l'USAID dès février 2026. Le bilan : environ six millions de personnes en situation d'urgence alimentaire grave, selon les estimations disponibles au 7 mai.
La Somalie n'a jamais été un pays facile. Trente ans de guerre civile, d'État effondré, de sécheresses récurrentes, de cyclones et d'épidémies ont construit une fragilité structurelle que même les meilleures années d'aide internationale n'ont pas réussi à éliminer. Mais les progrès réalisés entre 2020 et 2025, notamment en matière de couverture vaccinale, de systèmes d'alerte précoce aux famines et de reconstruction partielle des institutions étatiques, étaient réels. Ils s'effacent maintenant sous l'effet conjugué de la chaleur et des coupures budgétaires.
Le groupe jihadiste Al-Shabaab, toujours présent sur une partie significative du territoire, profite méthodiquement de ce vide humanitaire pour recruter. Des familles désespérées, sans accès à la nourriture ni à l'eau, sont les cibles privilégiées de ses recruteurs qui offrent argent et protection en échange de loyauté. Ce mécanisme est documenté depuis des années. Réduire l'aide humanitaire en Somalie, c'est donc simultanément affamer les civils et renforcer les jihadistes. Une politique qui se retourne contre ceux qui la mènent.
Les organisations humanitaires alertent depuis des mois sur les conséquences prévisibles des coupes budgétaires américaines sur les populations africaines les plus vulnérables. En Somalie, au Soudan, en République démocratique du Congo, au Sahel, les programmes de nutrition infantile, de traitement du paludisme et d'aide alimentaire d'urgence ont été réduits ou suspendus. Les effets ne seront pas visibles à Washington. Ils sont visibles dans les hôpitaux de Mogadiscio, dans les camps de déplacés de Dollow, dans les yeux des enfants qui n'ont plus rien à manger.
En 2050, si l'Afrique a réussi sa souveraineté alimentaire, les décrets d'un président américain ne feront plus mourir ses enfants. Mais en 2026, ils le font encore. Et c'est une honte que le monde devrait refuser de normaliser.
Source image de couverture : The New York Times
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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