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Dans la nuit du 6 mai 2026, le JNIM a attaqué deux villages de chasseurs Dozos dans la région de Mopti, au centre du Mali. Bilan : entre 30 et 50 morts selon les sources. Le groupe jihadiste affilié à Al-Qaïda a revendiqué l'attaque. La guerre au Mali change de géographie.
Publié le 8 mai 2026 à 09:39 UTC+0

Korikori. Gomossogou. Deux noms que le monde ne connaissait pas hier. Deux villages que le JNIM a décidé d'inscrire dans l'histoire du sang.
Dans la nuit du 6 mai 2026, des combattants du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans ont attaqué simultanément les villages de Korikori et Gomossogou, dans la région de Mopti, au centre du Mali. Le bilan est glaçant : au moins trente civils tués selon des sources locales, sécuritaires et administratives citées par l'AFP. Trois sources distinctes, dont un travailleur humanitaire, un diplomate et une source sécuritaire, ont indiqué à Reuters que le chiffre réel pourrait atteindre cinquante morts.
Le JNIM a revendiqué l'attaque. Les victimes ne sont pas des soldats. Ce sont des chasseurs traditionnels Dozos, ces hommes armés de fusils de traite et de grigris qui, depuis des années, constituent la dernière ligne de défense des villages maliens abandonnés par l'État et l'armée. Ils sont la cible précisément parce qu'ils collaborent avec les forces gouvernementales. Pour le JNIM, les tuer, c'est envoyer un message à tous ceux qui résistent : votre loyauté à Bamako vous coûtera la vie.
Cette attaque n'est pas un incident isolé. Elle s'inscrit dans une dynamique d'expansion géographique du JNIM vers le centre et l'ouest du Mali. Depuis les grandes offensives du 25 avril 2026, qui ont coûté la vie au ministre de la Défense Sadio Camara et permis aux rebelles du FLA de reprendre Kidal, Tessalit et Aguel'hoc, le groupe jihadiste multiplie ses frappes sur des populations civiles dans les régions rurales. Selon un communiqué du gouvernement cité par Al Jazeera, le JNIM bloque également les axes routiers menant vers Kayes et Kita, paralysant les liaisons vers l'ouest du pays. Les camions sénégalais ont été incendiés entre Kayes et Bamako le 5 mai.
Pendant ce temps, la junte malienne continue d'affirmer que la situation est "maîtrisée." Les chiffres disent le contraire. Le centre du Mali, qui était autrefois une zone tampon, est désormais une zone de guerre. Et les populations civiles, ni protégées par l'armée qui ne peut être partout, ni épargnées par des jihadistes qui veulent punir tout signe de loyauté à l'État, sont prises en otage entre deux logiques de violence.
La question qui s'impose est brutale et nécessaire : jusqu'où la guerre au Mali peut-elle descendre géographiquement avant que Bamako ne soit complètement encerclé ?
En 2050, si rien n'a changé, ces villages massacrés en 2026 n'auront même plus de survivants pour raconter ce qui s'est passé. L'Afrique doit entendre leur nom aujourd'hui.
Korikori. Gomossogou. Dites-les à voix haute. Ce sont des noms d'êtres humains, pas des statistiques.
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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