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Le 10 mai 2026, Tina Glamour, mère de DJ Arafat, a publié une vidéo bouleversante et déposé plainte à Abidjan. Le lendemain, son avocat Me Alain Bokola a publié une mise en demeure visant un ex-producteur parisien accusé d'exploiter illégalement le catalogue du roi du coupé-décalé. Préjudice estimé : 1 milliard de FCFA.
Publié le 13 mai 2026 à 12:51 UTC+0

L'héritage d'Ange Didier Houon, dit DJ Arafat, mort dans un accident de moto le 12 août 2019 à Abidjan, continue de circuler dans les tuyaux de l'industrie musicale sans toujours revenir à ceux qui lui appartiennent de droit. Et sa mère en a assez.
Le 10 mai 2026, Tina Glamour, figure incontournable de la culture ivoirienne et mère du roi du coupé-décalé, a publié sur ses réseaux sociaux une vidéo dans laquelle elle apparaissait très émue. Visiblement en colère, elle a dénoncé la diffusion illégale de plusieurs chansons inédites de son fils, exploitées sans l'accord de la famille. Elle a rappelé avec force : « Arafat a une famille. » Et selon elle, cette famille n'a pas été consultée pour plusieurs publications récentes utilisant son nom, son image et sa voix. Elle a indiqué avoir déposé une plainte au Pôle pénal économique et financier d'Abidjan.
Le lendemain, le 11 mai, son avocat Me Alain Bokola, qui représente les enfants mineurs d'Arafat ainsi que Tina Glamour, a publié sur les réseaux sociaux une mise en demeure formelle adressée à un ex-producteur ou promoteur d'artistes résidant à Paris, dont l'identité n'a pas été rendue publique dans le document.
Me Bokola lui reproche d'exploiter sans autorisation les droits d'auteur et les droits voisins du musicien décédé. Il dispose de deux mois pour cesser ces activités et engager une démarche amiable avec les héritiers. À défaut, des poursuites judiciaires seront lancées simultanément devant le Pôle pénal économique et financier d'Abidjan et devant des juridictions françaises, avec le concours d'avocats partenaires déjà mobilisés à Paris.
Cette nouvelle action judiciaire intervient dans un contexte déjà chargé. Le 8 mai 2026, un album posthume intitulé « Unique » avait été mis en circulation par le label Obouo Music, sans accord des héritiers selon la famille. Ce n'est pas la première fois : en août 2025, un premier album baptisé « In Memory » avait provoqué une réaction similaire.
L'affaire est encore pendante devant les tribunaux ivoiriens. Plus troublant encore : en 2026, un titre inédit intitulé « ATTOTE » a été diffusé. Il aurait été produit à partir d'une synthèse vocale par intelligence artificielle, reconstituant la voix du chanteur décédé. Me Bokola conteste la légalité de cette pratique au regard des droits moraux détenus par les héritiers.
Le préjudice total estimé par l'avocat, toutes affaires confondues, atteindrait le milliard de francs CFA. « Des centaines de millions, voire des milliards de FCFA sont indûment volés », selon ses propres termes.
Au-delà du chiffre, cette affaire soulève une question fondamentale pour l'industrie musicale africaine : que devient l'héritage d'un artiste décédé à l'ère du streaming, des compilations posthumes et de l'intelligence artificielle ? Qui protège les voix disparues contre ceux qui veulent les faire chanter encore à leur profit ?
En Côte d'Ivoire, où le droit d'auteur reste faiblement protégé dans les pratiques commerciales malgré un cadre légal qui s'améliore, cette affaire pourrait faire jurisprudence. Si Me Bokola obtient satisfaction, ce serait un signal puissant envoyé à tous ceux qui considèrent que la mort d'un artiste est une opportunité commerciale.
Vous avez acheté ou écouté l'album posthume « Unique » de DJ Arafat ? Saviez-vous que les héritiers n'avaient pas donné leur accord ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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