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John Mahama a dit devant 194 États ce que beaucoup pensaient sans oser le formuler : l'aide humanitaire n'est pas une politique de santé.
Publié le 20 mai 2026 à 00:28 UTC+0

John Mahama a dit devant 194 États membres ce que beaucoup pensaient sans oser le formuler : l'aide humanitaire n'est pas une politique de santé.
Le 18 mai 2026, lors de la 79e Assemblée mondiale de la santé à Genève, le président ghanéen a pris la parole pour défendre ce qu'il a appelé l'"Accra Reset", une proposition africaine de refonte de l'architecture mondiale de la santé. "Mesurez le succès à l'aune de la clinique, non de la conférence", a-t-il déclaré devant les délégations des 194 États membres. Son intervention a reçu l'approbation du directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus, selon Africa Presse et APAnews du 18 mai.
L'"Accra Reset" n'est pas une simple critique du système international : c'est une feuille de route. Mahama propose trois instruments concrets : un panel indépendant d'évaluation des politiques de santé mondiales, un observatoire commun OMS-GAVI-Fonds mondial pour mesurer les résultats terrain, et un mécanisme d'harmonisation des indicateurs de gouvernance sanitaire. Le point commun de ces trois outils : mettre fin au fossé entre les promesses faites dans les salles de conférence et la réalité dans les cliniques africaines.
Le contexte économique donne tout son poids à ce discours. Le Ghana a perdu 78 millions de dollars de financement santé en raison de la baisse de 40% de l'aide humanitaire internationale. En Afrique du Sud, 1,4 million de patients sous traitement VIH sont menacés par les réductions de financement des programmes PEPFAR. Ce ne sont pas des statistiques abstraites. Ce sont des personnes qui étaient sous traitement hier et qui ne le seront peut-être plus demain si les budgets continuent de se contracter.
L'Afrique qui arrive en 2050 avec des systèmes de santé financés et dirigés par des Africains est une Afrique qui n'aura plus besoin de mendier des doses de vaccins lors des prochaines pandémies. Mahama a posé les bases d'un narratif différent. Le travail de traduction politique commence maintenant, dans chaque capitale africaine qui doit décider si elle met réellement plus d'argent dans ses systèmes de santé nationaux.
Comment les États africains peuvent-ils concrétiser l'"Accra Reset" sans attendre la validation des grandes puissances qui financent ces systèmes ? Dis-nous ta vision.
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Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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