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Quand le monde découvre un virus sans vaccin et sans traitement, l'Afrique l'affronte à mains nues depuis deux semaines.
Publié le 20 mai 2026 à 00:12 UTC+0

Quand le monde découvre un virus sans vaccin et sans traitement, l'Afrique, elle, l'affronte à mains nues depuis deux semaines.
Le 17 mai 2026, l'Organisation mondiale de la santé a élevé la crise Ebola en République démocratique du Congo au rang d'urgence sanitaire de portée internationale, le deuxième niveau d'alerte le plus élevé dans ses propres protocoles. Le bilan est lourd : 246 cas suspects, 80 décès confirmés dans trois zones de la province de l'Ituri, Bunia, Rwampara et Mongbwalu. La souche en cause est la Bundibugyo, distincte de celle de 2014 qui avait ravagé l'Afrique de l'Ouest. Ce qui la rend particulièrement dangereuse : aucun vaccin homologué, aucun traitement spécifique approuvé à ce jour.
"Nous voyons des gens mourir depuis deux semaines", témoignait un responsable de la société civile de Rwampara dans les heures précédant la déclaration de l'OMS. Ce témoignage dit l'essentiel : pendant que les mécanismes internationaux s'activaient, les communautés locales portaient seules le poids de l'épidémie. Kampala a depuis confirmé deux cas, dont un mortel. Kinshasa en a enregistré un. Goma, dans une zone déjà fragilisée par la présence du M23, est en alerte maximale.
Le terme USPPI, Urgence de santé publique de portée internationale, n'est pas anodin. C'est le même statut accordé à la Covid-19 en janvier 2020. Il oblige théoriquement les États membres à mobiliser des ressources, à coordonner leurs réponses et à éviter les restrictions de voyage disproportionnées. En pratique, l'histoire a montré que l'activation du mécanisme ne suffit pas à combler les inégalités de réponse entre les pays riches et les pays touchés. Les vaccins, quand ils existent, arrivent en retard. Les financements, quand ils viennent, sont conditionnels.
L'enjeu n'est pas seulement médical, il est souverain. Une Afrique qui arrive en 2050 sans avoir renforcé ses capacités de fabrication de vaccins, sans avoir construit ses propres centres de recherche virologique, restera dépendante des cycles d'urgence des autres. La crise Bundibugyo rappelle que le continent ne peut pas se permettre d'attendre que le monde invente des traitements pour les maladies qui le tuent en premier.
Combien de crises faudra-t-il encore avant que l'Afrique dispose de sa propre plateforme continentale de production de vaccins ? Réponds en commentaire.
Source image de couverture : Al-hadji Kudra Maliro, AP
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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