Fil info
InfoNouveau site, même voix.
InfoNouveau site, même voix.
- InfoNouveau site, même voix.
Le Ghana prépare une levée de 7,8 milliards de dollars auprès de sa diaspora via des obligations souveraines ciblées. Explications du mécanisme, enseignements des expériences passées, et pourquoi la Côte d'Ivoire devrait s'en inspirer.
Publié le 28 avril 2026 à 20:01 UTC+0

Il y a un capital que l'Afrique sous-exploite de façon spectaculaire : l'argent de ses propres enfants à l'étranger. En 2026, le Ghana a décidé de changer ça avec une ambition chiffrée : lever 7,8 milliards de dollars américains auprès de sa diaspora.
Un diaspora bond est une obligation souveraine émise par un État et ciblée spécifiquement sur ses ressortissants à l'étranger. L'État emprunte auprès de sa propre communauté dispersée dans le monde, généralement à des taux inférieurs aux marchés internationaux, en échange de rendements compétitifs et d'un sentiment d'appartenance nationale.
Israël pratique ce mécanisme depuis les années 1950 via les Israel Bonds — plus de 50 milliards de dollars levés en soixante ans. L'Inde et l'Éthiopie l'ont utilisé pour financer des infrastructures stratégiques. L'Afrique reste en retard dans ce domaine, malgré des diasporas parmi les plus importantes et les plus prospères du monde.
Un atelier de travail s'est tenu à Accra du 21 au 23 avril 2026, réunissant fonctionnaires, experts du développement et techniciens, pour construire le cadre de ce programme. L'objectif annoncé est de 7,8 milliards de dollars, une somme considérable qui serait orientée vers les infrastructures, l'énergie et les secteurs productifs.
La diaspora ghanéenne envoie déjà plus de 4 milliards de dollars par an en transferts de fonds. L'idée est de canaliser une partie de cette richesse vers des investissements structurants plutôt que vers la seule consommation familiale.
Les expériences passées montrent que ces programmes réussissent quand trois conditions sont réunies : la confiance dans les institutions de l'État émetteur, des rendements réels compétitifs, et une gouvernance transparente de l'utilisation des fonds. Le Nigeria a tenté des émissions similaires avec des résultats mitigés, notamment à cause de problèmes de gouvernance et de communication avec la diaspora.
Pour la Côte d'Ivoire, qui compte plusieurs millions de ressortissants en France, aux États-Unis, au Canada et dans d'autres pays africains, un tel mécanisme pourrait générer des milliards de dollars supplémentaires. Le PND 2026-2030 prévoit 70% de financement privé, la diaspora pourrait en être une source significative.
La richesse africaine est déjà dans les poches des Africains. La question est de savoir si les États peuvent créer les instruments pour la mobiliser au service du développement collectif.
Est-ce que tu investirais dans des obligations de ton pays d'origine ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…