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Tombouctou sans eau ni électricité depuis quatre jours. La pénurie de carburant paralyse la ville à plus de 40 °C.
Publié le 26 juin 2026 à 11:37 UTC+0

Plus de 40 degrés. Pas un litre d'essence officiel. Et depuis quatre jours, pas d'eau courante ni de courant dans une ville classée au patrimoine mondial.
Selon RFI et Yahoo Actualités, Tombouctou vit une crise humanitaire aiguë. La centrale thermique est à l'arrêt. La société publique d'électricité EDM et l'opérateur d'eau Somagep ne peuvent plus fonctionner. Les habitants contactés par la radio décrivent une « colère froide » face à l'impossibilité de se doucher, de charger un téléphone ou de garder des médicaments au frais.
Tout remonte à la pénurie de carburant. Depuis environ un mois, les stations-service sont à sec, conséquence de l'embargo décrété par les jihadistes du JNIM en septembre dernier. Jusqu'ici, le marché noir approvisionnait la ville via des commerçants qui allaient chercher l'essence en Algérie. Beaucoup ne partent plus, par peur des frappes de drones de l'armée malienne.
Résultat : le litre se vend jusqu'à 3 000 FCFA au marché noir contre 875 FCFA au prix réglementé, soit près de trois fois plus cher selon les témoignages recueillis par RFI.
Jeudi 25 juin, la délégation spéciale de la commune urbaine a annoncé une « campagne spéciale de distribution d'eau potable » à partir de vendredi matin, en partenariat avec la protection civile, pour garantir un accès minimal en attendant une amélioration durable.
Pour les jeunes de Tombouctou, la situation est un rappel brutal : la guerre du Sahel ne se limite pas aux communiqués militaires. Elle se vit dans les robinettes vides et les nuits sans ventilateur. Une ville touristique et savante est réduite à survivre.
Le Mali central et nord concentrent des tensions depuis le retrait des forces françaises et la montée des groupes armés. Bamako promet des opérations. Les populations attendent du carburant et de l'électricité, pas des discours.
Une Afrique sahélienne stable en 2050 ne laissera pas des villes historiques à la mercure du marché noir et des embargos jihadistes. Tombouctou crie aujourd'hui ce que d'autres localités murmurent.
La distribution d'eau d'urgence annoncée par les autorités locales suffira-t-elle à tenir jusqu'à la réouverture des stations, ou Tombouctou basculera-t-elle vers une exode massif vers Bamako et la Mauritanie ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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