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Révélé le 7 mai par l'ONG Horizon Sans Frontières, trois dirigeants de la Fédération Sénégalaise de Football ont essuyé un refus de visa de l'ambassade américaine à Dakar pour le Mondial 2026. Le pays hôte de la Coupe du monde ferme la porte aux responsables africains venus pour la jouer.
Publié le 8 mai 2026 à 08:55 UTC+0

Le pays qui organise la fête refuse l'entrée à ceux qui viennent fêter. Cherchez l'erreur.
Le 7 mai 2026, l'ONG Horizon Sans Frontières a publié une déclaration qui a immédiatement circulé sur tous les réseaux sociaux africains et de la diaspora. Trois hauts responsables de la Fédération Sénégalaise de Football ont vu leurs demandes de visa rejetées par l'ambassade des États-Unis à Dakar. Ces officiers devaient accompagner l'équipe nationale des Lions de la Téranga au Mondial 2026, qui se tient aux États-Unis, au Canada et au Mexique à partir du 11 juin. HSF a qualifié cette décision d'"incompréhensible et profondément regrettable", dénonçant une atteinte aux "principes de respect, de coopération sportive et de libre circulation qui devraient accompagner les grandes compétitions internationales."
L'organisation a ajouté que "refuser à des responsables sportifs sénégalais la possibilité d'accompagner leur équipe dans une compétition mondiale envoie un signal négatif à toute l'Afrique et soulève des interrogations sur le traitement réservé aux ressortissants africains dans certaines procédures consulaires."
La FIFA, de son côté, n'a pas encore réagi publiquement à cette affaire. L'organisation internationale du football, qui a fait de l'inclusion et de la diversité des thèmes centraux de sa communication pour cette édition à quarante-huit équipes, devra expliquer comment elle entend garantir la participation effective de tous les pays qualifiés si les États membres d'accueil peuvent bloquer arbitrairement les délégations africaines.
Le paradoxe est suffocant. L'édition 2026 du Mondial est présentée comme historique pour l'Afrique, avec dix équipes qualifiées pour la première fois. La Côte d'Ivoire, le Sénégal, le Maroc, le Nigeria, le Ghana, l'Algérie, la Tunisie, l'Égypte, le Cap-Vert et la RD Congo vont fouler les pelouses américaines. Et c'est précisément dans ce contexte que les États-Unis refusent des visas aux responsables africains chargés de préparer et d'accompagner ces équipes.
Ce n'est pas une erreur administrative. C'est un symptôme. Un symptôme de la hiérarchie implicite qui continue de régir les rapports entre l'Afrique et les grandes puissances mondiales, même dans le cadre du sport, censé être universel et apolitique.
En 2050, si l'Afrique organise elle-même sa propre Coupe du monde, personne ne refusera de visas à des délégations européennes ou américaines. Parce que c'est toujours plus facile de fermer la porte à celui qui frappe de l'extérieur.
L'Afrique mérite d'être traitée comme un partenaire, pas comme un hôte dont les invités ne sont pas les bienvenus chez les autres.
Source image de couverture : Foot-Africa Com
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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