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La police d'État nigériane passe aux assemblées locales. Au moins 24 États sur 36 doivent ratifier.
Publié le 26 juin 2026 à 11:40 UTC+0

Abuja a tranché. Maintenant, c'est le tour des capitales d'État.
MISE À JOUR de notre article du 25 juin sur l'adoption sénatoriale : le projet de police d'État franchit une nouvelle étape. Selon Punch Nigeria et Premium Times, le texte constitutionnel est transmis aux 36 assemblées locales. Au moins 24 d'entre elles doivent approuver l'amendement pour qu'il soit renvoyé au président Bola Ahmed Tinubu.
Le Sénat avait adopté la réforme le 25 juin après un vote manuel, faute de système électronique fonctionnel. La Chambre des représentants avait déjà voté massivement en faveur du texte avec 289 voix pour. Les deux chambres doivent concourir à l'identique avant la phase régionale.
Le projet modifie notamment l'article 214 de la Constitution pour permettre une police fédérale et des polices d'État. Les gouverneurs nommeraient les commissioners, soumis à confirmation des assemblées locales. L'objectif affiché : rapprocher la sécurité des réalités locales face au banditisme, aux enlèvements et aux violences communautaires.
Des gouverneurs d'Ondo, Kaduna et Ogun avaient assisté au vote sénatorial. Tinubu et son chef de staff Femi Gbajabiamila soutiennent la réforme. Les critiques redoutent des abus : gouverneurs transformant la police locale en milice politique.
Pour un jeune de Lagos ou Kano, la question est pratique : verra-t-on des patrouilles qui connaissent le quartier, ou de nouveaux corps mal payés et corrompus ? La réforme ne crée pas automatiquement la sécurité. Elle déplace le levier.
Le Nigeria teste un fédéralisme sécuritaire que d'autres pays africains observent. L'Afrique de l'Ouest anglophone regarde Abuja comme un laboratoire à 220 millions d'habitants.
Une Afrique sûre en 2050 exige des polices formées, payées et contrôlées par des institutions indépendantes, pas par les seuls exécutifs régionaux.
Les assemblées d'État imposeront-elles des garde-fous anti-ingérence politique avant de ratifier, ou la course à la sécurité fera-t-elle passer la réforme en bloc sans débat local ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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