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À Nairobi, des responsables africains de la santé publique plaident pour un nouveau modèle de financement. Contexte : Trump a coupé l'USAID, la Banque mondiale a réduit ses allocations, l'aide extérieure se rétracte. Comment l'Afrique peut financer sa propre santé.
Publié le 1 mai 2026 à 10:41 UTC+0

À Nairobi, ce 1er mai 2026, le Sommet mondial de la Santé réunit des responsables de santé publique de tout le continent africain autour d'une question que personne n'osait formuler aussi clairement il y a dix ans : et si l'Afrique cessait de dépendre des aides extérieures pour financer sa santé ?
La question n'est pas philosophique. Elle est urgente. L'administration Trump a drastiquement réduit les financements de l'USAID. La Banque mondiale a revu à la baisse ses allocations santé pour plusieurs pays africains. La pandémie de Covid-19 avait déjà démontré que les systèmes de santé africains, dépendants des chaînes d'approvisionnement mondiales et des transferts financiers internationaux, étaient profondément vulnérables aux chocs extérieurs.
Au Kenya, au Sénégal, en Éthiopie, en Côte d'Ivoire, les ministres de la Santé qui se retrouvent à Nairobi portent le même constat : quand l'aide disparaît, les programmes s'arrêtent. Et quand les programmes s'arrêtent, ce sont les populations les plus vulnérables qui paient le prix.
Les pistes discutées à Nairobi convergent vers plusieurs priorités : augmenter les allocations budgétaires nationales à la santé — l'objectif de 15% du budget de l'État fixé par la Déclaration d'Abuja en 2001 reste non atteint par la majorité des pays africains. Développer des mécanismes de financement innovants : taxes sur certains produits, fonds souverains santé, mécanismes de solidarité continentale via l'UA. Et surtout produire localement : vaccins, médicaments génériques, équipements médicaux. L'Union africaine a fixé un objectif de 60% de médicaments produits localement d'ici 2040.
Que des responsables africains de la santé se réunissent pour discuter de souveraineté sanitaire — et pas seulement pour demander plus d'aide — c'est en soi un changement de narratif significatif. L'Afrique de 2050 ne peut pas continuer à soigner ses populations avec l'argent et les décisions des autres.
Source image de couverture : Africa Radio
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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