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La Nation Arc-en-ciel n'a jamais totalement cicatrisé. En mai 2026, les attaques xénophobes reprennent avec une violence que l'État peine à contenir.
Publié le 20 mai 2026 à 22:04 UTC+0

La Nation Arc-en-ciel n'a jamais totalement cicatrisé. En mai 2026, les attaques xénophobes reprennent avec une violence que l'État peine à contenir.
Le 20 mai 2026, Human Rights Watch a publié un rapport documentant de nouvelles vagues d'attaques xénophobes en Afrique du Sud ciblant des ressortissants africains et asiatiques. Des groupes de vigilantes organisés ont mené ces violences dans plusieurs provinces du pays avec "peu ou aucune intervention des autorités", selon HRW. Le rapport intervient dans un contexte de tensions sociales exacerbées par un chômage qui dépasse 33% et une concurrence perçue pour les emplois entre Sud-Africains et immigrants.
La xénophobie sud-africaine n'est pas un phénomène nouveau. Elle s'est manifestée de façon récurrente depuis 2008, avec des pics de violence en 2015 et 2019. Ce qui rend l'alerte de HRW particulièrement préoccupante en mai 2026, c'est la dimension organisée des attaques. Il ne s'agit plus seulement d'explosions spontanées de violence dans des quartiers défavorisés, mais de groupes structurés qui ciblent méthodiquement des nationalités spécifiques : Zimbabwéens, Mozambicains, Malawiens, Nigérians, ressortissants asiatiques.
La réponse de l'État sud-africain reste insuffisante selon les organisations de défense des droits. Le gouvernement de Ramaphosa, qui traverse sa propre crise institutionnelle avec la procédure de destitution en cours, peine à afficher une autorité cohérente sur ce dossier. Pendant ce temps, des pays africains commencent à organiser le rapatriement de leurs ressortissants en danger. Le Ghana a annoncé l'évacuation de 300 de ses citoyens. D'autres ambassades sont en alerte.
La promesse de la "Nation Arc-en-ciel" portée par Mandela était un modèle que l'Afrique entière regardait avec espoir. Sa dégradation progressive en un pays où des Africains étrangers sont chassés de certains quartiers est une régression continentale. L'Afrique de 2050 qui n'a pas résolu ses contradictions internes sur la coexistence ne pourra pas faire de la libre circulation un levier de développement réel.
Comment l'Afrique du Sud peut-elle honorer la mémoire de Mandela tout en gérant les tensions sociales qui alimentent ces violences ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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