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Le Zimbabwe est de retour. Ses champs de tabac aussi. Et avec eux, toutes les questions que l'on avait préféré éviter.
Publié le 20 mai 2026 à 01:16 UTC+0

Le Zimbabwe est de retour. Ses champs de tabac aussi. Et avec eux, toutes les questions que l'on avait préféré éviter.
En 2026, le Zimbabwe enregistre une production de tabac à des niveaux historiques, selon les données rapportées par Africanews le 19 mai 2026. Les fermiers zimbabwéens, stimulés par la rentabilité de la culture et les cours mondiaux favorables, ont augmenté massivement leurs surfaces cultivées. Le Zimbabwe est le premier producteur africain de tabac et l'un des premiers au monde. Ce rebond intervient après deux décennies de turbulences économiques liées notamment aux politiques de redistribution des terres du début des années 2000, qui avaient profondément déstabilisé le secteur agricole du pays.
La performance tabacole zimbabwéenne est économiquement indéniable. Des centaines de milliers de familles de fermiers vivent directement de cette culture. Les revenus d'exportation alimentent les réserves de change d'un pays qui en a longtemps manqué. Harare peut acheter des équipements, importer des médicaments, payer ses fonctionnaires. Le tabac, aussi controversé soit-il sur le plan sanitaire, est une réalité économique que l'on ne fait pas disparaître par décret international ou par des recommandations de l'OMS adressées depuis Genève
Mais les contradictions sont réelles et méritent d'être nommées. La Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac, signée par la majorité des pays africains, prévoit des mesures de diversification agricole pour réduire la dépendance des économies comme celle du Zimbabwe. En 2026, le Zimbabwe va dans la direction exactement opposée. Ce n'est pas de l'hypocrisie : c'est la réalité d'un pays qui choisit la survie économique à court terme sur des recommandations sanitaires internationales qui ne paient pas les salaires de ses fonctionnaires.
L'Afrique de 2050 ne pourra pas éternellement dépendre de cultures controversées pour financer ses États. La diversification agricole est un chantier indispensable. Mais il faut du temps, des investissements et des alternatives crédibles et rentables. Tant que le tabac reste l'option la plus compétitive, les fermiers zimbabwéens choisiront le tabac. C'est rationnel. La solution n'est pas de les condamner, c'est de construire des filières alternatives assez fortes pour rivaliser.
Comment l'Afrique peut-elle accompagner des pays comme le Zimbabwe vers une diversification agricole sans les condamner à la pauvreté pendant la transition ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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