Fil info
InfoNouveau site, même voix.
InfoNouveau site, même voix.
- InfoNouveau site, même voix.
Le 6 mai 2026, l'opposant centrafricain Anicet-Georges Dologuélé, ancien Premier ministre et figure de l'opposition, a été empêché de quitter le territoire national. Il dénonce publiquement une 'dérive d'État' et un 'abus de pouvoir'. Une décision qui intervient alors que les résultats des législatives restent bloqués.
Publié le 7 mai 2026 à 23:25 UTC+0

En Centrafrique, les résultats électoraux sont bloqués parce que les informaticiens ne sont pas payés. Et l'opposant ne peut pas partir parce que l'État ne veut pas qu'il parte. La démocratie centrafricaine est prise en tenaille entre la pauvreté et l'autoritarisme.
Le 6 mai 2026, Anicet-Georges Dologuélé, ancien Premier ministre et l'une des figures les plus reconnues de l'opposition centrafricaine, a été empêché de quitter le territoire national, selon les informations rapportées par Africanews et Africa Radio. Il a réagi publiquement, dénonçant une "dérive d'État" et un "abus de pouvoir".
Cette décision d'interdiction de sortie du territoire n'a pas été accompagnée d'une explication officielle de la part du gouvernement du président Faustin-Archange Touadéra.
Ce qui rend cet épisode particulièrement significatif, c'est le contexte dans lequel il s'inscrit. Le 26 avril 2026 avait lieu le second tour des élections législatives en République Centrafricaine. Les résultats provisoires devaient être publiés par l'Autorité Nationale des Élections le 3 mai. Ce délai n'a pas été tenu. La raison révélée : les informaticiens chargés de la consolidation des procès-verbaux ont suspendu leur travail pour réclamer deux mois d'arriérés de salaire. Un pays entier suspendu à l'impayé de quelques techniciens. Les résultats restent, au 7 mai, toujours attendus.
Dologuélé a une stature politique reconnue. Il a été Premier ministre de Centrafrique de 1999 à 2001 et candidat à la présidentielle de 2016, où il avait terminé deuxième au premier tour avant d'être battu par Touadéra. Il dirige l'URCA, l'Union pour le Renouveau Centrafricain. Dans un pays où les espaces d'opposition sont de plus en plus réduits, son interdiction de voyager envoie un signal inquiétant.
La Centrafrique cumule des crises superposées. Le pays reste l'un des plus pauvres du monde. Sa stabilité repose en partie sur le soutien de la Russie via Africa Corps, présent dans le pays depuis 2018. Les groupes armés continuent de contrôler des portions significatives du territoire. Dans ce contexte, les élections et le respect des droits de l'opposition représentent les derniers signaux que le pays envoie à ses partenaires internationaux sur sa trajectoire démocratique. Ces signaux se dégradent.
En 2050, la Centrafrique aura-t-elle réussi à construire un État de droit capable de tenir ses promesses aux citoyens ? Ou sera-t-elle encore là où elle est aujourd'hui, prise entre groupes armés, ingérences étrangères et institutions défaillantes ?
Vous suivez l'actualité de la Centrafrique ? Partagez votre lecture de ce qui se passe à Bangui en ce moment.
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…