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Le 7 mai 2026, le chef de la diplomatie kényane Musalia Mudavadi a révélé devant une commission sénatoriale que 291 Kényans avaient été victimes de recrutement irrégulier par l'armée russe. 19 sont morts sur le front ukrainien. 32 sont portés disparus. Tous ont été attirés par de fausses promesses d'emplois civils.
Publié le 8 mai 2026 à 09:27 UTC+0

On leur a promis un emploi. On leur a donné un fusil. Et maintenant, ils sont morts en Ukraine, loin de leur famille, dans une guerre qui n'était pas la leur.
Le 7 mai 2026, s'exprimant devant une commission sénatoriale à Nairobi, le chef de la diplomatie kényane Musalia Mudavadi a livré des chiffres qui devraient déclencher une indignation continentale. Son ministère a recensé 291 citoyens kényans victimes de ce qu'il appelle le "recrutement militaire irrégulier" pratiqué par l'armée russe, contre 250 précédemment répertoriés. Parmi eux : 19 sont morts confirmés sur le front ukrainien. 32 sont portés disparus. Et selon les services de renseignement kényans, qui avancent un chiffre bien supérieur, plus de mille ressortissants du Kenya auraient en réalité été envoyés sous uniforme russe se battre en Ukraine.
Le mécanisme de recrutement est documenté et cynique. Des Kényans, souvent sans aucun passé militaire, se voient proposer depuis le Kenya des emplois civils bien rémunérés en Russie, présentés comme des contrats de sécurité ou de logistique. Une fois sur le sol russe, la promesse s'évapore. Ils sont contraints de signer un contrat avec l'armée russe et envoyés sur le front en Ukraine, parfois après un entraînement de quelques semaines à peine. L'AFP et plusieurs médias internationaux ont documenté ce mécanisme. Il ne touche pas seulement le Kenya : le Nigeria, l'Éthiopie et d'autres pays africains sont également concernés.
Ce qui rend cette révélation particulièrement grave, c'est ce qu'elle dit du statut de l'Africain dans l'économie de la guerre mondiale. Quand la Russie manque de soldats, elle recrute en Afrique. Quand elle veut des mercenaires, elle promet des emplois aux plus vulnérables du continent. Et quand ces hommes meurent dans les tranchées du Donbass, leurs familles restent souvent sans information, sans corps et sans indemnisation.
Musalia Mudavadi a précisé que son gouvernement œuvre à faire rentrer ses ressortissants qui sont encore en Russie ou en Ukraine. Il n'a pas indiqué combien de ces efforts avaient abouti. Les 32 disparus, eux, n'ont toujours pas donné signe de vie.
Dans une guerre qui oppose deux puissances nucléaires à des milliers de kilomètres du continent africain, ce sont des Africains qui servent de chair à canon. En 2050, si l'Afrique veut être respectée comme puissance diplomatique et économique mondiale, elle devra commencer par protéger ses propres citoyens contre ceux qui les traitent comme des ressources jetables.
Si vous connaissez un Kényan ou un Africain recruté dans ces conditions, contactez votre ambassade. Ce que vous avez à dire compte.
Source image de couverture : CNN
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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