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Le 6 mai 2026, en Conseil des ministres, le gouvernement ivoirien a dissous la Commission électorale indépendante, créée en 2001. Aucun organe de remplacement n'a encore été précisé. Une décision qui intervient à quelques mois des prochaines échéances électorales.
Publié le 7 mai 2026 à 22:20 UTC+0

Vingt-cinq ans de scrutins, de crises et de contestations. Et puis, en une phrase du porte-parole du gouvernement, la Commission électorale indépendante n'existe plus.
Le 6 mai 2026, à l'issue du Conseil des ministres présidé par Alassane Ouattara, Amadou Coulibaly a annoncé officiellement la dissolution de la CEI. Le motif officiel avancé est triple : la fin du cycle électoral avec les législatives du 27 décembre 2025, les réserves relevées à l'encontre de l'institution et les critiques dont elle a fait l'objet. Le mandat de six ans du président Ibrahim Coulibaly-Kuibiert avait expiré dès septembre 2025. Il était resté en poste pour parachever le cycle électoral, ce qui était prévu par la loi. Il était lui-même favorable à cette dissolution. Lors d'une conférence de presse en octobre 2025, il avait déclaré sans ambages : "La Commission ne doit même plus exister après ces élections. Il faut voir un autre format pour préserver la paix en Côte d'Ivoire."
La CEI avait été créée le 9 octobre 2001, dans un contexte de transition politique difficile après le coup d'État militaire de décembre 1999. En vingt-cinq ans, elle a supervisé l'ensemble des cycles électoraux du pays, du référendum constitutionnel aux élections présidentielles, législatives et régionales. Certains de ces scrutins se sont déroulés dans un climat apaisé. D'autres ont été au coeur des crises les plus graves qu'ait connues la Côte d'Ivoire, à commencer par la présidentielle de 2010 dont le résultat avait déclenché une guerre civile.
La dissolution ouvre désormais un vide institutionnel électoral réel. Aucun organe de remplacement n'a été précisé lors de l'annonce. Le gouvernement a simplement indiqué qu'il adopterait prochainement des textes réglementaires accompagnant la transition. Les contours, la composition et le calendrier de mise en place du futur mécanisme restent à définir. L'opposition, notamment le PDCI et le PPA-CI, réclamait depuis longtemps un organe "consensuel, crédible et inclusif". Elle obtient la dissolution mais attend encore la réponse à sa demande fondamentale : qui sera dans le prochain organe ?
Ce qui est en jeu dépasse le simple remplacement d'une institution. La question de l'organisation des élections en Côte d'Ivoire a toujours été au coeur des tensions politiques les plus graves. Ce n'est pas un hasard si la CEI était régulièrement accusée par l'opposition d'être une "quasi-délégation du RHDP", selon les termes employés par Justin Katinan Koné du PPA-CI. Que cette dissolution soit une réforme sincère vers plus d'indépendance ou une simple transition d'un instrument à un autre, cela se mesurera à une seule chose : la composition du futur organe.
En 2050, la Côte d'Ivoire aura multiplié ses populations, ses villes et ses défis démocratiques. Ce que le pays construit aujourd'hui comme architecture électorale déterminera la stabilité ou l'instabilité de demain.
Selon vous, quel profil devrait avoir le futur organe électoral ivoirien : plus de société civile, plus de magistrats, moins de politiques ? Dites-nous en commentaire.
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