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Des pluies diluviennes ont frappé la ville de Biankouma, dans la région du Tonkpi au Nord-Ouest de la Côte d'Ivoire. Habitations, commerces et écoles ont été endommagés ou effondrés. Une catastrophe locale qui interroge l'équité du développement ivoirien entre Abidjan et les villes secondaires.
Publié le 8 mai 2026 à 09:35 UTC+0

Pendant qu'Abidjan inaugure ses nouveaux ponts et ses grands hôtels, Biankouma ramasse ses décombres. Seule.
Biankouma n'est pas une ville inconnue de la Côte d'Ivoire. Elle est le chef-lieu du département de Biankouma, dans une région montagneuse à l'extrême Nord-Ouest du pays, frontalière avec la Guinée et le Liberia. C'est une ville que beaucoup d'Ivoiriens connaissent par son nom mais que peu ont visitée. Et c'est précisément ce qui en fait un révélateur puissant des inégalités du développement ivoirien.
La Côte d'Ivoire adopte des plans de développement ambitieux, des PND à plusieurs dizaines de milliers de milliards de francs. Elle construit des autoroutes, des ports, des hôpitaux de référence à Abidjan. Elle attire les investisseurs étrangers, les conférences internationales, les classements favorables des agences de notation. Et dans le même temps, à Biankouma, il suffit de quelques heures de pluie intense pour que des habitations s'effondrent et que des enfants ne puissent plus aller en classe.
Ce n'est pas seulement un problème d'infrastructure. C'est un problème de priorité. Les ressources publiques et les investissements se concentrent autour d'Abidjan et des grandes villes secondaires comme Bouaké, Daloa ou San Pédro. Les villes de l'intérieur, à l'écart des corridors économiques, restent exposées aux catastrophes climatiques sans systèmes de drainage adaptés, sans bâtiments publics aux normes parasismiques et pluviométriques, sans plan d'urgence local suffisamment doté.
Le dérèglement climatique aggrave ce déséquilibre. Les épisodes de pluies intenses, de chaleur extrême et d'inondations soudaines vont se multiplier dans les années à venir en Afrique de l'Ouest. Les villes les mieux dotées en infrastructures résisteront mieux. Les autres subiront davantage. Et les populations les plus pauvres, dans les zones les plus éloignées du centre, paieront le prix de leur invisibilité.
Combien de Biankouma faudra-t-il encore avant que la Côte d'Ivoire pense à ses villes secondaires autant qu'à ses projets de prestige ?
Source image de couverture : Ivoire 24
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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