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La semaine du 5 mai, le FMI et la Côte d'Ivoire ont annoncé un accord au niveau des services sur la 6e revue du MEDC/FEC et la 5e revue de l'accord FRD. Une bonne nouvelle institutionnelle qui ne masque pas une autre réalité : la CI figure parmi les deux pays africains les plus endettés selon le FMI.
Publié le 8 mai 2026 à 09:00 UTC+0

La Côte d'Ivoire court vite. Elle court loin. Mais sa dette court encore plus vite qu'elle.
La semaine du 5 mai 2026, le Fonds monétaire international et la Côte d'Ivoire ont annoncé conjointement la conclusion d'un accord au niveau des services concernant la sixième revue des accords au titre du Mécanisme élargi de crédit et de la Facilité élargie de crédit, ainsi que la cinquième revue de l'accord au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité. Dans le jargon institutionnel, cette annonce signifie que le FMI confirme que la Côte d'Ivoire respecte les engagements pris dans le cadre de son programme d'ajustement et de développement. C'est un signal positif envoyé aux marchés financiers internationaux et aux investisseurs étrangers.
Dans le même temps, une autre donnée circule dans les couloirs financiers africains : selon le classement FMI d'avril 2026, la Côte d'Ivoire figure parmi les deux pays africains les plus endettés en proportion de leur PIB. Une performance économique remarquable, un endettement en croissance rapide : la Côte d'Ivoire de 2026 vit cette tension à la fois comme une preuve de son ambition et comme un défi structurel non résolu.
La Côte d'Ivoire est la première économie d'Afrique de l'Ouest. Sa croissance a dépassé 7 % pendant plusieurs années consécutives. Ses investissements en infrastructures, dans les ports, les routes, les centrales énergétiques et les projets de transformation agricole, sont réels et visibles. Le PND 2026-2030, adopté par le Sénat début mai avec un budget de 114 838 milliards de francs CFA, est l'expression de cette ambition.
Mais cette ambition a un prix. Pour financer ses infrastructures, Abidjan emprunte. Elle emprunte sur les marchés internationaux, elle emprunte auprès des institutions multilatérales, elle emprunte auprès des partenaires bilatéraux. Et cette dette, si elle finance des actifs productifs, représente aussi des charges de remboursement qui pèseront sur les générations futures. La question n'est pas de savoir si l'endettement est en soi mauvais. La question est de savoir si les projets financés par cette dette produiront assez de croissance pour la rembourser sans sacrifier les dépenses sociales essentielles.
En 2050, la Côte d'Ivoire sera-t-elle encore en train de rembourser les emprunts des années 2026 ? Ou aura-t-elle transformé ces investissements en une économie diversifiée, résiliente et vraiment indépendante des financements extérieurs ?
À qui appartient réellement la croissance ivoirienne ? À son peuple ou à ses créanciers ?
Source image de couverture : Africa Trade News
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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