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Le rapport FMI d'avril 2026 sur les Perspectives économiques régionales de l'Afrique subsaharienne révèle que la croissance est ramenée de 4,5 % à 4,3 % à cause du conflit Iran-USA. L'inflation médiane devrait atteindre 5 % fin 2026. Vingt millions d'Africains supplémentaires menacés par la faim.
Publié le 8 mai 2026 à 09:13 UTC+0

L'Afrique n'a pas déclaré la guerre à l'Iran. Et pourtant, c'est elle qui en paye le prix le plus lourd.
Puis la guerre est venue. L'offensive militaire américaine contre l'Iran lancée le 28 février 2026 et la fermeture du détroit d'Ormuz par Téhéran ont déclenché une flambée des prix du pétrole, du gaz, des engrais et du transport maritime. La croissance de l'Afrique subsaharienne, selon le FMI, est désormais attendue à 4,3 % pour 2026, soit 0,3 point de pourcentage de moins qu'avant le conflit. L'inflation médiane de la région devrait remonter à 5,0 % d'ici fin 2026, contre 3,4 % fin 2025. Dans un scénario adverse, les pays importateurs de pétrole pourraient perdre jusqu'à 1,5 point de croissance en 2026 et 2,8 points en 2027.
Le chiffre le plus vertigineux est celui-ci : si les prix alimentaires internationaux augmentent de 20 %, plus de vingt millions d'Africains supplémentaires pourraient basculer dans l'insécurité alimentaire modérée ou grave. Vingt millions de personnes. Plus que la population totale de la Côte d'Ivoire.
Les pays africains importateurs de pétrole sans ressources naturelles propres, dont la Côte d'Ivoire, le Sénégal et le Togo, sont en première ligne. Le FMI note que ces pays maintiennent des prix administrés à la pompe pour amortir l'impact à court terme, mais que cette politique accroît la charge des subventions et creuse les déficits budgétaires. Abidjan a injecté plus de cent milliards de francs CFA pour retarder la hausse à la pompe avant de craquer le 1er mai. Elle paiera cette résistance dans ses équilibres budgétaires futurs.
Ce que révèle ce rapport, au fond, ce n'est pas seulement la fragilité conjoncturelle de l'Afrique. C'est sa fragilité structurelle. Un continent qui consomme de l'énergie qu'il ne raffine pas, des denrées qu'il importe au lieu de les produire, et qui subit les guerres des autres comme autant de crises qui lui sont propres.
En 2050, une Afrique souveraine sera une Afrique qui raffine son propre pétrole, transforme ses propres denrées et ne dépend plus des détroits du monde pour nourrir ses enfants.
Mais aujourd'hui, en 2026, vingt millions d'Africains de plus vont se coucher le ventre vide à cause d'une guerre qui se joue à huit mille kilomètres de chez eux.
Source Image de couverture : African Business (Abebe Aemro Selassie - Directeur FMI Afrique)
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Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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