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Depuis le 4 mai 2026, le lycée Liberté de Bamako, qui accueille 1 328 élèves dont 51 % de Français, est passé en enseignement à distance. Onze enseignants détachés ont été rappelés en urgence en France. Tous les salariés français, sauf le proviseur, ont quitté le pays.
Publié le 7 mai 2026 à 23:18 UTC+0

Quand les enseignants quittent une ville, c'est que la ville n'est plus sûre. Pas pour les statistiques. Pour les enfants.
Depuis le lundi 4 mai 2026, le lycée Liberté de Bamako, l'établissement du réseau de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE) qui accueille 1 328 élèves de la maternelle au lycée, a suspendu ses cours en présentiel. L'établissement est passé en enseignement à distance. Dans un message adressé aux familles, la direction a indiqué ne pas savoir combien de temps cette situation durerait, tout en assurant maintenir la continuité pédagogique. Le site officiel de l'établissement précise que onze personnels détachés ont été rappelés en France. La direction qualifie cette décision de "temporaire et réversible." Tous les salariés français, à l'exception du proviseur, ont reçu l'ordre de quitter le Mali.
Cette fermeture ne tombe pas de nulle part. Elle intervient dix jours après les attaques coordonnées du 25 avril 2026, lors desquelles le JNIM et le FLA ont frappé simultanément Bamako, Kati, Gao, Mopti et Kidal. Ces attaques ont coûté la vie au ministre de la Défense Sadio Camara et fait au moins 23 morts civils et militaires, selon les bilans disponibles. Depuis, la situation sécuritaire à Bamako reste incertaine. Des détonations ont été entendues à proximité de l'aéroport. Le JNIM a menacé d'imposer un blocus sur les entrées de la capitale. Des arrestations se multiplient dans les milieux politique et militaire. Et les forces russes d'Africa Corps ont quitté Kidal sous escorte des rebelles, ce qui est une déroute symbolique autant que militaire.
Le lycée Liberté accueille 1 328 élèves dont environ 51 % sont de nationalité française. Les 49 % restants sont des enfants de familles maliennes, de la diaspora et d'autres nationalités qui avaient choisi ce cadre pour l'éducation de leurs enfants. Pour eux aussi, la fermeture représente une interruption et une incertitude. La direction a précisé que les enseignants rappelés en France continueraient à s'impliquer dans la continuité des apprentissages à distance. Mais l'inquiétude reste palpable.
Ce qui rend cette fermeture particulièrement symbolique, c'est ce qu'elle dit sur l'état réel de Bamako. Les ambassades n'évacuent pas leurs ressortissants et les établissements scolaires ne ferment pas à la légère. C'est une mesure de dernier recours, prise quand les évaluations sécuritaires internes considèrent que la présence de personnels étrangers n'est plus garantie.
En 2050, les enfants qui grandissent aujourd'hui dans ce Mali en guerre seront les architectes de sa reconstruction ou les héritiers de son effondrement. Ce qu'on leur offre comme éducation aujourd'hui déterminera de quel côté ils basculeront.
Connaissez-vous des familles à Bamako touchées par cette fermeture ? Comment se vit la situation sur place en ce moment ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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