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Après la mort de Sadio Camara le 25 avril 2026, Assimi Goïta a pris lui-même le portefeuille de la Défense le 4 mai. Il est secondé par le général Oumar Diarra, nommé ministre délégué. Un choix lourd de signification dans un pays qui vient de perdre tout le nord.
Publié le 7 mai 2026 à 22:16 UTC+0

Quand un chef de junte prend lui-même le ministère de la Défense et nomme à ses côtés un homme qu'il avait fait arrêter six ans plus tôt, c'est que la situation est aussi grave qu'elle l'est urgente.
Le 4 mai 2026, neuf jours après la mort du général Sadio Camara lors des attaques coordonnées du 25 avril, Assimi Goïta a officialisé par décret son double rôle. Il est désormais à la fois président de la transition et ministre de la Défense et des Anciens Combattants, selon un texte lu sur l'ORTM, la chaîne nationale malienne. Dans le même mouvement, un second décret nommait le général Oumar Diarra au poste de ministre délégué auprès du ministre de la Défense. Un rang protocolaire immédiatement inférieur à celui des ministres d'État, précise le texte.
Qui est Oumar Diarra ? C'est l'ex-chef d'état-major général des armées maliennes. Il est proche de Goïta depuis les origines, puisque ce dernier l'avait nommé chef d'état-major seulement deux semaines après le renversement d'Ibrahim Boubacar Keïta, en août 2020.
Mais il avait aussi été arrêté lors du coup d'État avant d'être réhabilité, ce qui dit quelque chose de la complexité des relations au sommet de l'armée malienne. Sa nomination aujourd'hui est un signal politique clair : Goïta fait confiance à un homme de l'intérieur du système, formé sous les mêmes codes, pour tenir l'appareil sécuritaire dans le moment le plus critique qu'ait connu la junte depuis son arrivée au pouvoir.
Ce moment critique a un nom géographique : Kidal, Tessalit, Aguel'hoc. En moins de 72 heures, entre le 25 avril et le 1er mai 2026, les rebelles du Front de libération de l'Azawad et leurs alliés jihadistes du JNIM ont pris le contrôle de tout le nord du Mali. Les forces russes d'Africa Corps ont quitté Kidal sous escorte du FLA. Des soldats maliens ont été faits prisonniers. Un hélicoptère russe a été abattu. C'est la pire déroute militaire que la junte ait subie depuis son arrivée au pouvoir.
Sadio Camara était l'interlocuteur principal de Moscou au sein du gouvernement malien. C'est lui qui avait tissé, construit et entretenu ce partenariat avec la Russie. Sa mort est donc aussi une perte stratégique au-delà de la perte humaine. Avant même de prononcer une adresse à la nation, Goïta avait reçu une délégation militaire russe conduite par l'ambassadeur Igor Gromyko, signe que ce canal devait être immédiatement réactivé. En nommant Diarra, il garde en main ce dossier sensible.
Derrière les décrets et les nominations, la vraie question posée au Mali est celle de la survie d'un régime militaire qui promettait la sécurité et qui a perdu son nord, au sens littéral comme au sens figuré.
La junte malienne peut-elle encore renverser la situation sécuritaire sans aide extérieure ? Et si oui, de qui viendrait cette aide ?
Source image de couverture : APA NEWS
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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