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Le 7 mai 2026, Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemedti, chef des Forces de soutien rapide, a déclaré dans un message vidéo être prêt à mener la guerre civile au Soudan pendant des décennies. Plus de 12 millions de déplacés. Plus de 150 000 morts. L'Union africaine reste muette.
Publié le 8 mai 2026 à 09:04 UTC+0

Un homme déclare vouloir faire la guerre pendant des décennies. Et le continent africain répond par le silence.
Le 7 mai 2026, Mohamed Hamdan Dagalo, connu sous le surnom de Hemedti, commandant en chef des Forces de soutien rapide, a diffusé un message vidéo depuis un lieu non précisé. Sa déclaration est simple, brutale et prophétique dans les pires sens du terme : il est prêt à combattre pendant des décennies. Pas des mois. Pas des années. Des décennies. La guerre civile qui dévore le Soudan depuis avril 2023, quand les FSR et l'armée régulière des Forces armées soudanaises se sont affrontées pour la première fois à Khartoum, n'est pas près de s'arrêter si son principal instigateur en a décidé ainsi.
Les chiffres de cette guerre sont devenus obscènes à force d'être cités. Plus de douze millions de déplacés, le plus grand déplacement de population au monde en 2026, selon les Nations Unies. Plus de 150 000 morts estimés, civils en majorité. Des régions entières, dont le Darfour, où des violences de masse ont été documentées par des enquêteurs internationaux. Des hôpitaux bombardés. Des marchés attaqués. Des ethnies entières chassées de leurs terres.
Dans le même temps, Khartoum accuse l'Éthiopie d'avoir mené des attaques de drones contre des positions militaires soudanaises, ajoutant une dimension régionale à une crise déjà suffisamment complexe. Si ces accusations sont fondées, elles signifieraient que la guerre civile soudanaise commence à déborder vers ses voisins, dans une région déjà fragilisée par les tensions entre l'Éthiopie, l'Érythrée, la Somalie et le Kenya.
L'Union africaine a envoyé des délégations. Elle a publié des communiqués. Elle a appelé au cessez-le-feu. Résultat : zéro. Aucune des deux parties n'a déposé les armes. Aucune médiation sérieuse n'a produit d'accord durable. Et pendant ce temps, le Soudan, pays de 48 millions d'habitants, premier en superficie d'Afrique avant la partition de 2011, meurt à petits feux devant des institutions continentales qui regardent sans agir.
En 2050, le Soudan de 2026 sera peut-être étudié dans les manuels d'histoire comme l'exemple de ce que l'Afrique ne doit plus jamais laisser faire sur son propre sol. Mais ce constat posthume ne ressuscitera pas les morts d'aujourd'hui.
Qu'est-ce qu'il faudra de plus pour que l'Union africaine intervienne vraiment au Soudan ?
Source image de couverture : Reuters
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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