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Entre le 25 avril et le 1er mai 2026, les rebelles du Front de libération de l'Azawad et leurs alliés jihadistes du JNIM ont pris le contrôle de tout le nord du Mali. Kidal reconquise, forces russes évacuées, soldats maliens prisonniers. Le dossier complet d'une déroute historique.
Publié le 7 mai 2026 à 22:48 UTC+0

Il y a des semaines qui changent une carte. Du 25 avril au 1er mai 2026, le nord du Mali a changé de mains. Intégralement.
Tout commence à l'aube du samedi 25 avril 2026. Des explosions éclatent simultanément dans six villes maliennes : Bamako, Kati, Mopti, Sévaré, Gao et Kidal. À Kati, le fief militaire de la junte à une vingtaine de kilomètres de la capitale, un attentat kamikaze au véhicule piégé détruit la maison du ministre de la Défense Sadio Camara, qui meurt sur le coup. Assimi Goïta, lui, est exfiltré. À Bamako, des combats ont lieu dans les rues et près de l'aéroport avant de se calmer dans l'après-midi. Un hélicoptère russe de type Mi-8 est abattu dans la région de Gao. Bilan humain confirmé selon l'UNICEF : au moins 23 morts, dont des civils et des enfants.
Le lendemain, le 26 avril, le Front de libération de l'Azawad et le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans lancent un assaut sur le Camp 2 de Kidal. Les forces russo-maliennes, assiégées, parviennent à un accord. Quelque 400 combattants russes d'Africa Corps sont évacués sous escorte du FLA et conduits vers Tessalit. Les soldats maliens restés sur place sont faits prisonniers. Kidal passe entièrement sous le contrôle du FLA et du JNIM, à l'exception de la base militaire et de l'aéroport au sud, rapidement encerclés. L'armée malienne tente de répliquer depuis les airs : des frappes aériennes visent Kidal le 28 avril.
Le 1er mai, sans combat, les camps militaires de Tessalit et d'Aguel'hoc sont abandonnés par les forces russo-maliennes. Les rebelles en prennent le contrôle. Tessalit est une position stratégique : elle est située près de la frontière algérienne et contrôle des axes logistiques critiques. Sa perte n'est pas anodine. Au même moment, l'État islamique dans le Grand Sahara tente une attaque sur Ménaka, repoussée.
Ce qui s'est passé au nord du Mali en une semaine est une déroute militaire et stratégique d'une ampleur sans précédent depuis 2012. En 2023, la junte avait reconquis Kidal en grande pompe, affirmant avoir mis fin au séparatisme touareg. Cette reconquête était présentée comme la preuve que le partenariat russo-malien portait ses fruits. Trois ans plus tard, Kidal est reprise, les Russes ont été escortés hors de la ville sous le regard des rebelles, et la plupart des grandes villes du nord sont à nouveau hors de contrôle de Bamako.
Pour l'Alliance des États du Sahel, dont le Mali est le membre fondateur, cette déroute pose une question fondamentale : à quoi sert la souveraineté si on ne peut pas défendre son propre territoire ?
Pensez-vous que le Mali peut encore reconquérir le nord sans une aide internationale massive ? Et si oui, de qui viendrait-elle ?
Source image de couverture : AFP
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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