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Le 15 mai 2026, le Burkina Faso a officiellement lancé une chaîne de télévision éducative nationale. Dans un pays où des milliers d'écoles ont été fermées en raison des violences jihadistes, la junte présente cette initiative comme une réponse souverainiste à la crise scolaire.
Publié le 16 mai 2026 à 17:54 UTC+0

L'idée est juste. Le problème est dans les conditions dans lesquelles elle doit s'appliquer.
Le 15 mai 2026, le gouvernement de transition du Burkina Faso a officiellement lancé une chaîne de télévision éducative nationale. L'objectif annoncé est de permettre aux enfants déscolarisés, notamment dans les zones affectées par les violences jihadistes, de continuer à apprendre malgré la fermeture de leurs établissements scolaires. La chaîne diffusera des cours pour les différents niveaux du primaire et du secondaire.
Le contexte dans lequel s'inscrit cette initiative est documenté. Depuis 2015, la crise sécuritaire dans le Sahel burkinabè a forcé la fermeture de milliers d'écoles. Des enseignants ont fui les zones de conflit. Des classes ont été abandonnées. Des centaines de milliers d'enfants se retrouvent sans accès à une éducation formelle dans les provinces du Nord, du Sahel, de l'Est et du Centre-Nord. Ce vide éducatif est réel et ses conséquences à long terme sont graves.
La chaîne éducative tente de répondre à ce problème. Et dans un monde idéal, une télévision éducative nationale serait un outil complémentaire utile, capable de maintenir un lien pédagogique avec des populations dispersées et isolées.
Mais le Burkina Faso de 2026 n'est pas dans un monde idéal. La difficulté est double. D'abord, les zones les plus touchées par les fermetures scolaires sont précisément celles qui ont le moins accès à l'électricité et à la télévision.
Un enfant dont l'école a fermé parce que des jihadistes contrôlent la zone autour de son village n'a souvent pas non plus de courant le soir pour regarder une chaîne éducative. Ensuite, qui contrôle le contenu de cette chaîne et selon quelle grille de valeurs ? Dans un contexte où 929 associations de la société civile ont été suspendues en un mois, la question de l'autonomie éditoriale d'une chaîne gérée par le gouvernement de transition mérite d'être posée.
La souveraineté éducative, comme toutes les formes de souveraineté, est un objectif légitime. Mais elle se construit avec la société civile, avec les enseignants, avec les communautés. Pas en les excluant.
Vous avez des enfants ou de la famille déscolarisés au Burkina Faso ? Comment ils continuent à apprendre malgré tout ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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