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Au salon Made in Ethiopia du 3 mai 2026, Abiy Ahmed annonce 10 milliards de dollars de recettes d'exportation prévues cette année, contre 3 milliards il y a trois ans. Croissance à 10,2%. 993 usines fermées réouvertes.
Publié le 5 mai 2026 à 10:14 UTC+0

Il y a trois ans, l'Éthiopie exportait pour 3 milliards de dollars. Cette année, elle vise 10 milliards. Ce n'est pas une prévision. C'est une trajectoire.
Le 3 mai 2026, lors de l'inauguration de la quatrième édition du salon Made in Ethiopia à Addis Abeba, le Premier ministre Abiy Ahmed a annoncé que son pays était en passe d'atteindre un cap historique de 10 milliards de dollars de recettes d'exportation pour l'exercice fiscal en cours. Une performance attribuée à l'expansion du secteur industriel et au succès du mouvement Made in Ethiopia lancé il y a quatre ans.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. La croissance du secteur manufacturier éthiopien est passée de 4,7 % à 10,7 % cette année. L'économie dans son ensemble progresse à 10,2 %, portée par l'agriculture, les mines, l'industrie, le tourisme et les technologies. Quelque 993 usines fermées ont été relancées. Et 3 680 nouveaux investisseurs ont rejoint le secteur manufacturier depuis le lancement de la campagne nationale. Le pays a également produit l'équivalent de 14,5 milliards de dollars de biens de substitution aux importations en quatre ans.
Ce qui est remarquable, au-delà des chiffres, c'est l'ambition affichée. Abiy Ahmed a déclaré que l'Éthiopie exporte déjà des produits de défense vers plus de six pays africains. Une rupture totale avec l'image d'un pays qui, il y a quelques années encore, était associé dans les esprits à la famine et à l'aide internationale.
La stratégie repose sur deux piliers. D'abord, remplacer les importations par une production locale : 96 produits identifiés pour ce programme de substitution. Ensuite, conquérir les marchés africains voisins, en profitant de la ZLECAf pour exporter des produits manufacturés vers le reste du continent.
Ce modèle est-il exportable ? Partiellement. L'Éthiopie bénéficie d'une main-d'oeuvre abondante, d'une politique industrielle dirigiste et d'une hydroélectricité compétitive. Tous les pays africains n'ont pas ces atouts. Mais la leçon est mesurable : quand un État africain décide de transformer ses matières premières plutôt que de les exporter brutes, la croissance suit.
Le reste de l'Afrique regarde. Et certains prennent des notes.
Source image de couverture : ENA English
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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