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Le 6 mai 2026, les autorités ont confirmé que la souche du virus détectée à bord du navire de croisière MV Hondius, immobilisé au large du Cap-Vert, est la souche des Andes, capable dans de rares cas de se transmettre entre humains. Trois morts, sept cas recensés. Le navire met cap sur Tenerife.
Publié le 7 mai 2026 à 22:44 UTC+0

Un navire de croisière. L'Atlantique. Le Cap-Vert. Et un virus que l'on croyait confiné aux rongeurs des forêts d'Amérique du Sud.
Depuis le début du mois d'avril 2026, le paquebot MV Hondius, propriété de la compagnie néerlandaise Oceanwide Expeditions, était parti d'Ushuaïa en Argentine pour un voyage vers l'Atlantique Sud et l'archipel du Cap-Vert. Le 11 avril, un passager néerlandais décédait à bord. Son corps n'avait été débarqué que deux semaines plus tard, à Sainte-Hélène. Son épouse l'avait quitté à la même escale et pris l'avion pour l'Afrique du Sud, où elle était décédée dans un hôpital le 26 avril. Une troisième victime, une ressortissante allemande, a également succombé. Le bilan, au 6 mai, selon l'Organisation mondiale de la santé, est de trois morts et de sept cas recensés dont cinq suspects.
Ce qui a changé la nature de cette crise, c'est la confirmation le 6 mai de la souche en cause : il s'agit de la souche des Andes, une variante du hantavirus présente en Amérique du Sud, qui est la seule parmi les hantavirus connue pour avoir démontré, dans de rares cas, une capacité de transmission entre humains. Cette révélation a modifié l'approche sanitaire. Maria Van Kerkhove, directrice du département de prévention des épidémies à l'OMS, a précisé que l'hypothèse de travail est celle d'une contamination initiale à l'extérieur du navire, probablement en Argentine, suivie d'une transmission interhumaine à bord. Le ministre sud-africain de la Santé a confirmé la souche des Andes à partir de l'analyse des cas traités à Johannesburg. L'hôpital universitaire de Genève a identifié la même souche sur un patient hospitalisé en Suisse.
Le Cap-Vert a joué un rôle central dans cet épisode. Les autorités de l'archipel ont refusé l'autorisation d'accostage au port de Praia, invoquant la protection de leur population. Une décision souveraine qui a laissé les quelque 150 passagers encore à bord dans une attente prolongée et anxieuse. Le navire a finalement quitté Praia le 6 mai et met désormais cap sur Tenerife, dans les îles Canaries espagnoles, où l'évacuation des passagers vers leurs pays respectifs devrait débuter lundi, selon le ministère espagnol de l'Intérieur.
Une situation supplémentaire a alimenté l'inquiétude internationale : selon la compagnie KLM, un passager du MV Hondius était monté brièvement à bord d'un vol Johannesburg-Amsterdam avant d'en être débarqué. Les autorités sanitaires néerlandaises ont procédé par précaution au contact de l'ensemble des passagers de cet avion.
Le directeur général de l'OMS a voulu rassurer : "Pour l'instant, le risque pour le reste du monde est faible." Ce qui ne signifie pas que l'affaire soit close. Elle rappelle que les grandes épidémies modernes ne commencent pas forcément là où on les attend. Et que l'Afrique, par sa position géographique centrale dans les routes maritimes mondiales, est toujours en première ligne des crises sanitaires globales.
Le hantavirus vous inquiète-t-il ? Pensez-vous que les autorités africaines sont suffisamment préparées à ce type de crise sanitaire venue de l'extérieur ?
Source image de couverture : AFP
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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