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Du 12 au 15 mai 2026, l'Assemblée générale annuelle d'ID4Africa s'est tenue à Abidjan, réunissant 2 000 participants venus de 100 pays. Au centre : 500 millions d'Africains qui n'ont toujours pas d'identité légale complète. Sans elle, pas de compte bancaire, pas de vote, pas de protection sociale.
Publié le 16 mai 2026 à 17:28 UTC+0

Naître en Afrique et ne pas exister pour l'État. Pas de certificat de naissance, pas de carte d'identité, pas de numéro dans aucun registre. C'est la réalité quotidienne de 500 millions de personnes sur ce continent.
Le chiffre central qui structure tous les débats : 500 millions. C'est le nombre d'Africains qui, selon les estimations disponibles, n'ont pas d'identité légale complète. Ne pas avoir d'identité légale, en 2026, ce n'est pas un inconfort administratif. C'est une exclusion systémique.
Pas d'accès à un compte bancaire, ce qui rend le mobile money inaccessible. Pas de droit de vote reconnu. Pas d'accès aux programmes de protection sociale. Pas d'héritage transmissible légalement à ses enfants. Pas de protection juridique en cas de violence ou de spoliation. Quand l'État vous cherche, il ne vous trouve pas.
Quand vous avez besoin de l'État, il vous demande de prouver que vous existez.
Ce problème n'est pas nouveau. Il est le résultat accumulé de décennies de systèmes d'état civil défaillants, de guerres qui ont détruit des registres, de zones rurales que l'administration n'a jamais vraiment atteintes, et d'un modèle de développement qui a privilégié les infrastructures visibles sur les infrastructures invisibles, les routes plutôt que les bases de données citoyennes.
L'identité numérique est une réponse partielle mais réelle. Des pays comme le Kenya, le Ghana, le Rwanda et l'Éthiopie ont développé des systèmes d'identification biométrique qui permettent à des citoyens sans papiers physiques de prouver qui ils sont par leurs données biologiques. Ces systèmes ont leurs propres risques, surveillance, exclusion des personnes n'ayant pas accès aux appareils de capture biométrique, cybersécurité, mais ils représentent une voie possible.
En 2050, une Afrique intégrée économiquement par la ZLECAf, connectée par le mobile money, protégée par des systèmes de protection sociale continentaux, ne peut pas fonctionner si 500 millions de ses membres n'existent pas dans les registres. L'identité n'est pas un luxe. C'est le fondement de tout le reste.
Vous avez des proches sans documents d'identité en Afrique ? Comment cela affecte-t-il concrètement leur vie ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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